<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024</id><updated>2009-02-21T05:42:35.188-08:00</updated><title type='text'>Raôul Duguay, le philosophe</title><subtitle type='html'>« Apprendre à apprendre, mais aussi à désapprendre... »</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://philosophe.raoulduguay.net/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>11</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112915527394056877</id><published>2005-12-12T14:29:00.000-08:00</published><updated>2006-02-13T04:22:14.113-08:00</updated><title type='text'>Philosophie et engagement</title><content type='html'>Beaucoup de gens ont une philosophie de la vie plus incarnée et plus palpitante que nombre de philosophes patentés. L'expression &lt;em&gt;prendre la vie en philosophe&lt;/em&gt; signifie voir la vie avec la sérénité que procure la sagesse. Cela ne veut pas nécessairement dire "&lt;em&gt;être sage comme une image&lt;/em&gt;", mais plutôt développer une manière de penser et d'agir qui répond positivement aux valeurs morales que sont le beau, le bien et le vrai comme disait Platon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosopher est l'art de penser aux choses essentielles et aux principes universels en pratiquant une méthode rationnelle, logique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chose la plus essentielle que j'ai apprise en philosophie, et que la vie quotidienne m'a confirmée, c'est qu'il faut apprendre à apprendre. C'est pourquoi je me considère comme un éternel étudiant. On apprend pour comprendre pourquoi on est vivant, pourquoi la vie existe et pourquoi les autres existent. Philosopher, c'est se poser des questions sur le pourquoi des choses. La science aidant, on apprend le comment des choses. Apprenant, on se rend compte qu'il faut aussi apprendre à désapprendre, à devenir comme une page blanche dont on scrute le silence, avant de finalement réussir à poser les bonnes questions : C'est quoi la vie avant la mort? Pourquoi vivre? Pourquoi mourir?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la première réponse consiste à donner un sens à sa vie personnelle et à la vie en société, la première question est de savoir pourquoi et comment le trouver. Cela suppose qu'un système de valeurs bien incarné présidera à nos actions. Souvent, ce système de valeurs nous est transmis de manière presque génétique. Or, la valeur qui prend trop souvent la première place dans notre système social est celle de l'avoir. Avoir l'air d'être quelqu'un de bien, apparaître comme quelqu'un qui a du pouvoir, bien paraître aux yeux des autres semblent être les objectifs que poursuivent trop de gens à l'identité précaire. Quand on pense comme un prédateur, la vie des autres et celle de la faune et de la flore peuvent ne pas valoir plus que l'avoir monétaire qu'elles représentent. Pour beaucoup de gens, la vie vaut ce que vaut leur compte en banque, la vie n'a de sens que si l'on possède assez d'argent pour se payer ce que l'on veut et ne pas avoir besoin des autres. Bien sûr, l'accession à l'autonomie matérielle peut correspondre à la liberté. mais que nous reste-t-il quand on a trouvé que la conquête de l'avoir donnait un sens à nos actions? Il reste à trouver le sens profond de notre être : la conquête de soi, la liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté ne s'accomplit que dans le partage et non dans la soif de profit. Comme le canyon entre les riches et les pauvres s'approfondit chaque jour et constitue le problème le plus grave de notre civilisation, on divise le monde en deux : ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Ce choc entre l'être et l'avoir est la question fondamentale sur cette planète. Ceux qui ont savent et ceux qui n'ont pas sont maintenus dans l'analphabétisme. Le problème est que beaucoup de riches sont pauvres d'esprit et que beaucoup de pauvres n'ont pas le temps de faire de la philosophie alors que leur ventre crie famine et soif. Le sens de la vie pour eux est directement relié à celui de la survie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu'il s'agit de connaître le sens de la vie, la raison d'être de sa propre existence, il arrive que la raison, aide précieuse pour mesurer les choses, devienne la principale entrave. Comme les assises de la raison sont le temps et l'espace, il nous reste à trouver le fondement de l'espace-temps : l'éternel et l'infini, la présence totale à l'instant. Pour cela, il faut donc également apprendre à ne pas penser, à plonger dans ce que la raison ne peut mesurer. L'infini, l'éternel ne se pensent pas ; ils se ressentent et ouvrent le coeur à la beauté des choses. C'est du royaume du silence mental, entre l'inspir et l'expir, qu'émerge la source véritable de toute pensée, laquelle nous amène à poser la seule question possible : C'est quoi la vie après la mort et quand la matière se transforme, l'esprit y reste-t-il à demeure?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être la première question primordiale devrait-elle être : C'est quoi la vie avant la vie? et qui est ce Dieu qui l'a créée? Autrement dit, quel est le sens de l'évolution? Si l'on peut répondre à cette question, c'est que l'on comprend qu'il ne peut y avoir d'évolution pour l'humanité qu'à condition de respecter et de protéger la biodiversité (la nature, la vie matérielle) et la diversité culturelle (la vie en société). Chose certaine, quelle que soit la question que l'on pose pour comprendre l'essence de notre existence et de notre mort, elle sera toujours la bonne si elle accélère notre processus d'évolution vers un mieux-être et un plus-être dont le fondement est la vérité. Elle sera toujours la bonne si elle correspond à un oui inconditionnel à notre propre vie et à toutes les formes de vie sur Terre. L'important, c'est de devenir de plus en plus conscient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'est-il pas curieux de constater, dans un monde où les valeurs morales et l'éthique des transnationales s'effritent, combien les esprits les plus éclairés appellent à un retour à la substance et aux valeurs humaines fondamentales? Parce que le monde de l'avoir n'a pas de sens en soi, il ne se pose jamais de questions essentielles. Mourir les poches pleines d'or et d'argent est-il vraiment le meilleur destin? C'est pourquoi la philosophie des temps sort souvent de la bouche des enfants, qui, eux, posent toujours des questions et sont encore capables d'émerveillement, d'étonnement. Être toujours étonné d'être vivant, c'est comme cela que commence la philosophie. Avoir une philosophie de la vie, c'est savoir pourquoi être plutôt que de ne pas être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, c'est souvent dans de simples chansons que passe la philosophie des temps. Je fais peut-être plus de la philosophie dans ce que j'exprime en peignant une toile, en élaborant une sculpture, en jouant de la trompette, en écrivant un poème ou en chantant que dans toutes les allocutions que je prononce sur la place publique. Aujourd'hui, chaque fois que, dans les entreprises et dans les grandes organisations, je prononce une conférence organisée par &lt;a href="http://www.archetypes-inter.net/"&gt;Archétypes-Inter&lt;/a&gt; (dont la devise est : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;un juste milieu entre la performance et l'humain&lt;/span&gt;), je donne un cours de philosophie. Chaque fois que, au nom de &lt;a href="http://www.eausecours.org/"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;, je me prononce pour la protection de l'eau ou de la biodiversité ou de la diversité culturelle, je donne un cours de philosophie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dans le sens strict du terme, frais émoulu de la Faculté de philosophie de l'Université de Montréal, j'ai enseigné la logique, la théodicée et la philosophie de la nature à l'École des infirmières, puis au cégep Maisonneuve, la phénoménologie et l'esthétique selon l'approche de Heidegger, Merleau-Ponty et Mikel Dufrenne. Ma thèse de licence en philosophie, scrutant les subtilités de la phonologie et de la linguistique, s'intitulait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le sens est tout entier dans le son&lt;/span&gt;. On voit déjà mon intérêt très aigu pour l'oralité du langage et la raison pour laquelle toute ma poésie, sur le plan strictement formel, s'applique à restituer aux mots le potentiel énergisant de leur substance sonore et rythmique. Voulant approfondir ma connaissance du langage poétique, j'avais commencé de rédiger ma thèse de doctorat en plongeant dans l'univers de Saint-Denys Garneau, l'un de nos plus grands poètes. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La tentation de l'absolu&lt;/span&gt; était l'objet de ma recherche. Comme j'écrivais de plus en plus de poèmes, j'ai fini par publier deux recueils de poèmes en lieu et place de la finalisation de ma thèse. Cependant, toute la philosophie que j'avais apprise y transparaissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr width="50%"&gt;&lt;br /&gt;Pour mieux connaître Raôul Duguay, le philosophe : &lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/humaniser-lhumanit.html"&gt;Humaniste&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;Citoyen engagé&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://raoulduguay01.blogspot.com/2005/09/raul-duguay-confrencier.html"&gt;Conférencier (CV)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112915527394056877?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112915527394056877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112915527394056877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/12/philosophie-et-engagement.html' title='Philosophie et engagement'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-116195489109980663</id><published>2005-11-15T06:13:00.000-08:00</published><updated>2006-10-27T06:19:28.143-07:00</updated><title type='text'>Sauver l'eau : l'art suprême</title><content type='html'>&lt;blockquote&gt;« L'éthique est l'esthétique de l'âme, &lt;br /&gt;tandis que l'esthétique est l'éthique de l'environnement. »&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:normal;font-size:smaller;"&gt;Jacques Dufresne, philosophe et porteur d'eau à Eau Secours!&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Si l'eau est l'alphabet de la vie matérielle, l'art est l'eau de l'esprit. L'eau douce est un bien culturel dont la gestion responsable concerne la co-évolution des formes vivantes et des habitats. Comme les rapports de l'homme avec la nature ont des implications sociopolitiques et économiques, la durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit, c'est-à-dire par le développement d'une éthique qui rend possible la beauté du monde, son évolution esthétique. L'art est non seulement le reflet de ce monde mais l'écho de son âme. Un monde sans âme, sans coeur, inconscient de l'importance vitale de l'esthétique de son environnement est un monde sans éthique, vidé de son humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les scientifiques disent que le premier siècle du troisième millénaire devra être écologique, sans quoi, il n'y aura plus d'humanité. Seule une conscience éthique peut nous faire passer des sensations de conquête et de possession aux sentiments d'appartenance et de respect de la nature. La nature inspire les artistes. Les artistes sont l'inspiration de toute culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À qui appartient l'eau, les étoiles, le ciel, la lumière, l'air et la terre? Nous appartenons à l'eau, à l'air, à la terre, au Soleil, car sans ces éléments, aucune vie ne peut exister. L'eau appartient à l'eau, à la source, au ruisseau, à la rivière, au lac, au fleuve, à la mer, à l'océan et finalement, au ciel. Si l'eau appartient à quelqu'un, c'est à l'humanité toute entière. Mais elle n'appartient pas seulement au règne humain. Les règnes minéral, végétal et animal en sont aussi d'essentiels héritiers sans qui le règne humain ne pourrait subsister dans toute sa beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raôul Duguay&lt;br /&gt;Représentant des Porteuses et Porteurs d'eau à Eau Secours!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-116195489109980663?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/116195489109980663'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/116195489109980663'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/11/sauver-leau-lart-suprme.html' title='Sauver l&apos;eau : l&apos;art suprême'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-113983353644998637</id><published>2005-11-13T04:22:00.000-08:00</published><updated>2006-02-13T04:39:43.340-08:00</updated><title type='text'>La soif des lacs</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/eau-secours-la-chanson.html"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La soif des lacs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/pourquoi-lire.html"&gt;Pourquoi lire&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html"&gt;Langue française &lt;br /&gt;et langue universelle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-bnvolat.html"&gt;Le bénévolat&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Il y a 10 000 ans, au passage des glaciers, naissaient la plupart des lacs d'eau douce. Les lacs étaient alors sauvages, limpides, naturels. Humains et animaux s'y abreuvaient dans la paix. Aujourd'hui, nous buvons la même eau que celles des dinosaures et de Noé. Mais sa santé est de plus en plus précaire. L'eau de nos lacs a soif d'oxygène et de respect. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apprenant que la région arctique sibérienne avait perdu, en 30 ans, 1 000 grands lacs, je me suis mis à penser au Lac Blouin de mon enfance en Abitibi (dont je buvais l'eau), puis au Lac Champlain, (pollué par l'excédent de phosphore) tout près duquel je vis. Au Québec, bien que 500 000 lacs parsèment notre territoire, des centaines de riveraines et riverains, par « solidarité biologique », se battent  pour sauver  leur lac. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ll aura fallu 20 ans de travaux de restauration (aménagement d'un marais filtrant et d'un bassin de sédimentation contrant l'entrée de phosphore), pour que le lac Rose soit en voie d'être sauvé grâce aux gens de Sainte-Marie-de-Blandford. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merveilleux message d'espoir, ce livre de Robert Lapalme a comme principale vertu de proposer des solutions pratiques et réalistes répondant aux problèmes de santé de nos lacs. Il nous apprend à prévenir la pollution de nos lacs en nous proposant des méthodes pour les protéger et en restaurer la beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raôul Duguay&lt;br /&gt;Préface du livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Protéger et restaurer les lacs&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-113983353644998637?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/113983353644998637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/113983353644998637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/11/la-soif-des-lacs.html' title='La soif des lacs'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112889973758794481</id><published>2005-10-09T15:51:00.000-07:00</published><updated>2006-02-16T12:36:03.510-08:00</updated><title type='text'>L'essence de la vie</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-droit-dtre-diffrent.html"&gt; Le droit d'être différent&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/humaniser-lhumanit.html"&gt;Humaniser l'humanité&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L'essence de la vie&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Inestimable don du ciel, l'eau est l'essence de la vie, le principe vital qui rend possible la vie sur Terre. Et ce, à un point tel que, si l'homme veut conquérir l'Univers, émigrer en d'autres lieux habitables dans la Voie lactée, il devra y trouver de l'eau. Car aucun organisme vivant ne peut se passer d'eau sous l'une ou l'autre de ses formes. Les organismes vivants sont composés d'eau puisqu'il y a de l'eau à l'intérieur et à l'extérieur des cellules. Privé d'eau pendant 10 jours, un être humain meurt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en cherchant les causes premières ou les essences de tout ce qui est que Thalès de Milet, qu'on dit être le père de la philosophie, trouva que l'essence du monde matériel, c'est l'eau. Ainsi, en 624 av. J.-C. l'eau fut-elle déclarée essentielle à la vie. Bien sûr, tout le monde le savait déjà. Mais ce que l'histoire a retenu c'est que c'était la première fois que quelqu'un philosophait sur l'eau. Thalès de Milet découvrit que si l'eau est l'essence de la vie matérielle, la pensée est l'essence de la vie spirituelle. La pensée définit l'être humain et rend possibles la culture et l'histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malraux disait : « Le XXIe siècle sera spirituel ou bien il ne sera pas. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'empêche que les premières années du troisième millénaire sont visiblement matérialistes.&lt;br /&gt;Les transnationales de l'eau carburent au profit au détriment des plus petits. Cette course effrénée vers l'uniformisation, la conquête et l'avoir au détriment de l'être, de la liberté et de la différence est ce qu'on a appelé le « choc des civilisations ». Ce choc se répercute jusque dans les conceptions fondamentales de la nature et de la culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devenue la plus inestimable de nos richesses naturelles, l'eau douce est aussi un bien culturel dont la gestion responsable concerne la coévolution des formes vivantes et des habitats, voire la survie de l'humanité. Comme les rapports de l'homme avec la nature ont des implications sociopolitiques et économiques, la durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit. Et comme les scientifiques nous prédisent que le premier siècle du troisième millénaire devra être définitivement écologique, sans quoi il n'y aura plus d'humanité, il nous faut, en tant que citoyens, repenser notre rapport à l'eau, repenser les rapports que notre culture et notre économie entretiennent avec la nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À travers l'histoire des cultures, trois conceptions majeures de la nature s'affrontent. D'une part, les tenants d'un libéralisme économique à outrance considèrent la nature comme une ressource, et la ressource comme une marchandise. C'est pourquoi ils veulent à tout prix la dominer, l'exploiter, la transformer en autant de produits possibles. L'exploiteur industriel qui regarde une splendide chute d'eau, un banc de poissons ou une forêt, réfléchit à combien il faudra dépenser pour en faire un produit de consommation rentable. Il ne regardera pas à la dépense s'il peut s'enrichir à partir de ces ressources naturelles, de ces richesses naturelles. Donc, le conquérant se sent séparé de la nature. C'est ce qui explique son comportement avide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne faudrait-il pas faire émerger de l'économie un nouvel humanisme qui donnerait un sens à la vie? Car c'est à cause d'eux, les conquistadors de l'or bleu et de l'or vert, que l'espèce la plus menacée sur Terre, c'est l'espèce humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autre part, le citoyen sensible a le net sentiment qu'il fait partie de la nature, que la Terre ne lui appartient pas, mais qu'il appartient à la Terre. C'est pourquoi il respecte la nature et s'efforce d'être en harmonie avec tout ce qui vit. C'est le coeur palpitant qu'il s'approche d'une fleur, d'un arbre, d'un oiseau. Lorsqu'il arrive près de la chute, il se tait pour écouter la plénitude de sa voix. Il se tait pour boire en son âme la force vitale de sa beauté ineffable. Le simple fait d'être en présence de cette force de la nature le remplit de joie et de paix. Jouir de la beauté de la nature contribue à la santé physique, mentale et culturelle d'un peuple. La dimension symbolique et esthétique de l'eau devrait être considérée comme un palliatif majeur au stress qui dévore les sociétés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est-ce qui est le plus logique : un citoyen qui ingère des tranquillisants pour gérer son stress bien assis devant le petit écran et regardant un film sur la nature sauvage, ou bien un citoyen qui respire l'air pur en marchant quelques kilomètres pour aller la contempler? Faut-il attendre qu'il ne reste plus une seule chute vierge, une seule forêt vierge au Québec pour comprendre enfin qu'elles n'ont pas de prix? La sauvegarde d'une chute, d'une forêt ne vaut-elle pas le sacrifice de quelques emplois? Ne faut-il pas économiser le futur de la nature? Il n'est pas nécessaire d'être un artiste pour jouir des beautés de la nature, en reconnaître et en défendre la valeur il suffit d'être un citoyen sensible à son environnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La durabilité de notre environnement commence par une écologie de notre esprit. N'oublions pas que les termes &lt;em&gt;écologie&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;économie&lt;/em&gt; ont la même étymologie : le terme &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;eikos&lt;/span&gt; qui signifie "habitat", "maison". L'écologie, ce sont le discours et la science qui président à la gouvernance de son habitat. Comme l'écologie consiste en l'intégration de plusieurs sciences étudiant les interactions des êtres vivants et de leur environnement, protéger une rivière, une forêt, un oiseau, un poisson, une berge, c'est protéger un écosystème, c'est protéger la vie. Et comme le disait le philosophe Jacques Dufresne, porteur d'eau à EAU SECOURS! et qui parle beaucoup d'écologie sur son site l'Agora : "&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'éthique est l'esthétique de l'âme, tandis que l'esthétique est l'éthique de l'environnement&lt;/span&gt;. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe encore un troisième type de rencontre avec la nature. C'est celle du parfait romantique qui la considère comme une force extérieure, une force sacrée qu'il faut vénérer, voire adorer. Ce troisième type, prétextant que seul est naturel ce qui n'est pas encore dénaturé par l'homme, peut facilement tomber dans l'écoterrorisme et vouloir faire sauter tous les méchants profiteurs qui profanent la nature nourricière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces trois différentes perceptions des rapports entre la nature et la culture concernent directement l'éthique sociale, la dignité humaine et la démocratie. L'eau transcende les affaires et la politique. L'enjeu du Sommet de Johannesburg était de taille :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Mettre le secteur privé au service de la protection de l'environnement.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;(Louis-Gilles Francoeur, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'actualité&lt;/span&gt;, septembre 2002).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce ne sont pas les gouvernements qui auront le dernier mot, c'est la nature. Il appartient aux citoyens de dire à leurs élus ce qu'ils pensent de cet enjeu vital. Selon l'éminent écologiste Pierre Dansereau, l'un des porteurs d'eau à EAU SECOURS, la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau qui rejoint déjà plus de 1,2 million de personnes : « &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La privatisation va à l'encontre de la pensée écologique laquelle exige connaissance, planification et partage, les trois défis que Dansereau assigne aux sociétés et gouvernements du troisième millénaire.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grands dossiers de l'eau concernent directement chaque citoyenne et chaque citoyen du Québec et leurs enjeux mettent en péril la démocratie. Voici quelques thèmes majeurs qui doivent activer notre vigilance : l'embouteillage, l'exploitation commerciale et l'exportation en vrac de l'eau; la privatisation du service de l'eau; la tarification des infrastructures de l'eau; l'installation de compteurs d'eau dans les résidences privées, les institutions, les commerces et les industries; la contamination des eaux souterraines; la pollution agroalimentaire, la pollution industrielle, la pollution des herbiers marins, des lacs, des rivières, du fleuve et des côtes; les programmes d'économie d'eau; la qualité des eaux potables; la propriété de l'eau et la marchandisation de l'eau; les traités commerciaux internationaux traitant de l'eau; l'eau et la santé publique; le gaspillage de l'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlant de démocratie, n'est-il pas outrageant de constater que sur cette planète ce sont les pays analphabètes, les pays les plus pauvres, qui sont le plus souvent en manque d'eau potable? Comme l'or bleu est appelé à devenir la source de l'économie mondiale, les tenants de la privatisation, dont l'alphabet n'est fait que de chiffres, veulent en profiter en faisant fi de la démocratie. Si l'eau est l'alphabet de la vie matérielle, l'alphabétisation est la source vive de la vie intellectuelle et spirituelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme on peut déjà le constater dans les rapports internationaux entre plusieurs pays, l'eau est un enjeu d'une telle importance qu'elle peut être la source de guerres. L'eau ne devrait pas couler trop longtemps sous les ponts avant de se retrouver au coeur de conflits armés un peu partout sur la planète, estime aujourd'hui l'ONU. L'appropriation de l'eau par des intérêts privés menace la paix dans le monde et fragilise le développement des pays économiquement faibles. L'organisation mondiale de la santé estime que « toutes les huit secondes, un enfant meurt d'une maladie liée à la pénurie d'eau potable et de services sanitaires ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;À qui appartient l'eau?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan philosophique, l'eau est un bien collectif. Sur le plan politique, l'eau appartient à la Couronne (aux terres gérées par les gouvernements national, provincial et municipal). Sur le plan pratique, c'est-à-dire économique, l'eau appartient à ceux qui ont les moyens de la produire et la considèrent comme une marchandise : les grandes compagnies privées, les transnationales qui veulent la privatiser. C'est pourquoi la Coalition Eau Secours demande aux gouvernements du Canada et du Québec qu'ils se retirent des traités commerciaux (Article 11 de l'ALENA-ZLEA).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demander à qui appartient l'eau, c'est demander aussi à qui appartiennent les étoiles, le ciel, la lumière, l'air et la terre. L'eau, l'air, la terre ne nous appartiennent pas. Nous appartenons à l'eau, à l'air, à la terre, au Soleil, car sans ces éléments aucune vie ne peut exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'eau appartient à l'eau, à la source, au ruisseau, à la rivière, au lac, au fleuve, à la mer à l'océan et finalement, au ciel. Si l'eau appartient à quelqu'un, c'est à l'humanité toute entière. Et elle n'appartient pas seulement au règne humain. Les règnes minéral, végétal et animal en sont aussi d'essentiels héritiers, sans lesquels le règne humain ne pourrait subsister. La conquête de l'eau est devenue l'enjeu le plus important de la planète Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conclusion, si nous voulons la paix sur Terre, il faut donner, à tous ses habitants sans exception, de qualité de l,eau potable en quantité suffisante. Sinon, c'est toute une civilisation qui finira par devenir un désert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Les conquistadors&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'esprit yankee plane sur Mars et ses eaux&lt;br /&gt;Son &lt;em&gt;Spirit&lt;/em&gt; rouge est un savant robot&lt;br /&gt;Et la NASA gaspille des milliards&lt;br /&gt;Pour qu'il y trouve le trésor de l'or bleu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que sur Terre c'est la ruée vers l'or noir&lt;br /&gt;Qui donne aux Bush leur sale soif du pouvoir (oui mais)&lt;br /&gt;Pour des milliards d'humains l'eau douce est rare&lt;br /&gt;La guerre de l'eau c'est la faute aux conquistadors&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est par la soif que les conquistadors&lt;br /&gt;Donneront la mort aux petits aux moins forts&lt;br /&gt;Qui possède l'eau possède toute la Terre&lt;br /&gt;Qui possède l'eau possédera l'Univers&lt;br /&gt;Et la vie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'esprit de l'homme est encore dans la Lune&lt;br /&gt;Il rêve en rose de conquérir les cieux&lt;br /&gt;Pour le même prix et il ferait la une&lt;br /&gt;Pourquoi ne pas donner à tous l'or bleu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus grand rêve pour toute l'humanité&lt;br /&gt;C'est d'en finir avec la pauvreté (oui car)&lt;br /&gt;Quand tous les pauvres pourront boire de l'eau pure&lt;br /&gt;L'humanité aura la paix et un futur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'esprit de l'eau pure plane au-dessus de nos consciences.&lt;br /&gt;L'esprit de l'eau pure crie EAU SECOURS!&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Raôul Duguay&lt;br /&gt;Poète et philosophe, représentant des Porteuses et Porteurs d'eau à EAU SECOURS!&lt;/span&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112889973758794481?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112889973758794481'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112889973758794481'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/lessence-de-la-vie.html' title='L&apos;essence de la vie'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112876039639551168</id><published>2005-10-08T01:31:00.000-07:00</published><updated>2006-03-20T08:05:23.606-08:00</updated><title type='text'>EAU SECOURS ! - La chanson</title><content type='html'>&lt;div style="BORDER-TOP: #666699 1px solid; FLOAT: right; PADDING-BOTTOM: 10px; MARGIN: 0px 0px 25px 15px; LINE-HEIGHT: 2em; BORDER-BOTTOM: #666699 1px solid; TEXT-ALIGN: rightfont-size:85%;" &gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold; LINE-HEIGHT: 3emfont-size:100%;color:#666699;"  &gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Eau Secours!&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/11/la-soif-des-lacs.html"&gt;La soif des lacs&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/pourquoi-lire.html"&gt;Pourquoi lire&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html"&gt;Langue française&lt;br /&gt;et langue universelle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-bnvolat.html"&gt;Le bénévolat&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;Quand j'étais tout petit&lt;br /&gt;Je me baignais dans la rivière&lt;br /&gt;L'eau y était si pure&lt;br /&gt;Que je pouvais la boire&lt;br /&gt;Ah ! mais c'est bien trop beau&lt;br /&gt;Pour être encore vrai&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui le toit du monde est troué&lt;br /&gt;En tombent les eaux d'un ciel acide oxydé&lt;br /&gt;Toutes les eaux de la Terre ont le cancer&lt;br /&gt;Et le sang des humains est de l'or rouge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Eau secours ! Eau secours ! J'ai mal à mon humanité!&lt;br /&gt;Eau Secours! Eau Secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le sang des humains est de l'or rouge&lt;br /&gt;Échangé chaque jour sur le marché&lt;br /&gt;Contre la marée d'or noir du profit&lt;br /&gt;Qui pollue la beauté de l'humanité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Eau secours! Eau secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;br /&gt;Eau Secours! Eau Secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les BPC polluent toutes nos rivières&lt;br /&gt;Le CO² salit le bleu du ciel&lt;br /&gt;Et la Terre n'est plus qu'un four à gaz&lt;br /&gt;Va falloir la laver à l'eau de Javel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Eau secours! Eau secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;br /&gt;Eau Secours! Eau Secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Va falloir laver l'eau à l'eau de Javel&lt;br /&gt;Les seigneurs de ce monde ont tout fuckké&lt;br /&gt;Ils sont en train de tuer leur propre mère&lt;br /&gt;Faut se refaire une autre humanité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Eau secours! Eau secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;br /&gt;Eau Secours! Eau Secours! J'ai mal à mon humanité!&lt;/span&gt; (bis)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="LINE-HEIGHT: 1.1em;font-size:85%;" &gt;Paroles : Raôul Duguay&lt;br /&gt;Musique : Raôul Duguay et Laizenzymes&lt;br /&gt;23 septembre 2002&lt;/span&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112876039639551168?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112876039639551168'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112876039639551168'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/eau-secours-la-chanson.html' title='EAU SECOURS ! - La chanson'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112872629371858062</id><published>2005-10-07T15:56:00.000-07:00</published><updated>2006-03-20T08:11:15.280-08:00</updated><title type='text'>Le droit d'être différent</title><content type='html'>&lt;div style="BORDER-TOP: #666699 1px solid; FLOAT: right; PADDING-BOTTOM: 10px; MARGIN: 0px 0px 25px 15px; LINE-HEIGHT: 2em; BORDER-BOTTOM: #666699 1px solid; TEXT-ALIGN: rightfont-size:85%;" &gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold; LINE-HEIGHT: 3emfont-size:100%;color:#666699;"  &gt;Sur l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le droit d'être différent&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/humaniser-lhumanit.html"&gt;Humaniser l'humanité&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;De toute éternité et dans tout l'Univers&lt;br /&gt;tout être humain est unique et différent&lt;br /&gt;et en même temps uni à tout ce qui est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en étant différente de toute personne&lt;br /&gt;toute personne est semblable à toute personne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel axiome choisir entre les deux?&lt;br /&gt;Entre nos différences et nos ressemblances,&lt;br /&gt;il faut choisir les deux.&lt;br /&gt;Le choix de l'une à l'exclusion de l'autre&lt;br /&gt;n'a jamais constitué une victoire pour personne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les différends que nous pouvons vivre dans le quotidien&lt;br /&gt;peuvent nous diviser nous séparer nous meurtrir&lt;br /&gt;et nos confrontations peuvent finir&lt;br /&gt;par nous détruire tous autant que nous sommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nos divergences d'opinion nos modes de vie différents&lt;br /&gt;nos valeurs et notre patrimoine différents&lt;br /&gt;peuvent aussi nous donner l'opportunité&lt;br /&gt;de découvrir de nouvelles dimensions de notre humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme la liberté est l'art de choisir&lt;br /&gt;nous avons tous le choix.&lt;br /&gt;Lorsque quelqu'un n'a plus le choix,&lt;br /&gt;alors il y a vraiment un problème.&lt;br /&gt;Si quelqu'un n'a plus le choix,&lt;br /&gt;c'est que quelqu'un d'autre a déjà choisi pour lui.&lt;br /&gt;Et ce choix, constitué en droit,&lt;br /&gt;est un mal qui sévit encore sur Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant nous avons tous le choix.&lt;br /&gt;Si nous ne pouvons pas choisir tout seuls,&lt;br /&gt;peut-être pourrons choisir ensemble.&lt;br /&gt;Entre la compassion et la réciprocité&lt;br /&gt;qui mènent au partage équitable&lt;br /&gt;et la confrontation, le mépris de la différence&lt;br /&gt;qui ne mènent nulle part&lt;br /&gt;nous avons le choix de vivre libres et différents&lt;br /&gt;avec nos semblables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6161/1605/400/Caser-photo2.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6161/1605/400/Caser-photo2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le droit à la différence est en fait&lt;br /&gt;le droit universel à la vie.&lt;br /&gt;Tous les êtres vivants ont-ils le droit d'exister sur cette Terre?&lt;br /&gt;Bien que la mort soit l'inéluctable et ultime destin de tous,&lt;br /&gt;l'espérance fondamentale de tout être humain,&lt;br /&gt;c'est de pouvoir vivre sa vie en paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À cause des guerres de toutes sortes&lt;br /&gt;des plus locales aux plus mondiales&lt;br /&gt;des millions d'humains disparus ne dorment pas encore en paix&lt;br /&gt;et à cause de cela quelques milliards d'autres humains&lt;br /&gt;vivant debout, assis ou couchés dans le mal-être de la discorde&lt;br /&gt;ne dorment pas plus en paix&lt;br /&gt;et se réveillent souvent en se demandant si le nouveau jour&lt;br /&gt;sera un jour vivant, un jour de paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que le mot &lt;em&gt; humanité&lt;/em&gt;  ait un sens,&lt;br /&gt;il faut continuer de croire que la seule victoire&lt;br /&gt;est qu'une espérance nouvelle&lt;br /&gt;se lève dans l'esprit et dans le coeur&lt;br /&gt;des hommes des femmes et des enfants de la Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot qui rime le mieux avec paix,&lt;br /&gt;c'est le mot &lt;em&gt;respect&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Ce mot veut dire : « &lt;em&gt;Oui, tu as le droit de vivre et de vivre tel que tu es&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le droit de vivre suppose d'abord&lt;br /&gt;que l'on veut évoluer vers le meilleur de soi-même,&lt;br /&gt;réaliser la plus haute dimension humaine possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour cela il faut commencer par se respecter soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule victoire dans les relations humaines, c'est la paix.&lt;br /&gt;La seule victoire, c'est de s'aimer les uns les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'amour n'a pas d'âge, pas de couleur, pas de sexe, pas de religion,&lt;br /&gt;pas de classe sociale, pas de langue et pas de pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'amour est de toutes les couleurs du spectre de la lumière.&lt;br /&gt;L'amour se conjugue au masculin comme au féminin.&lt;br /&gt;L'amour est riche quand il donne aux pauvres.&lt;br /&gt;L'amour parle la langue de la paix, la langue du respect.&lt;br /&gt;L'amour de la vie se manifeste autant dans le respect de la biodiversité&lt;br /&gt;que dans le respect de la diversité culturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le respect de la nature et de la culture sous toutes leurs formes&lt;br /&gt;donne le sens véritable de l'évolution de l'humanité.&lt;br /&gt;Nous choisissons de partager l'humanité ensemble&lt;br /&gt;Nous voulons la continuité de l'humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le respect de tous les êtres humains&lt;br /&gt;de tous les êtres vivants sans exception&lt;br /&gt;est ce qui donne une âme à nos paroles, à nos actions.&lt;br /&gt;L'amour de la vie est le seul véritable pays&lt;br /&gt;qui nous habite toutes et tous.&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112872629371858062?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872629371858062'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872629371858062'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/le-droit-dtre-diffrent.html' title='Le droit d&apos;être différent'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112872738262195876</id><published>2005-10-06T16:16:00.000-07:00</published><updated>2006-02-16T12:35:23.523-08:00</updated><title type='text'>Humaniser l'humanité</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-droit-dtre-diffrent.html"&gt;Le droit d'être différent&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Humaniser l'humanité&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Ce n'est que vers la fin de mon cours classique que j'ai compris ce que voulait vraiment dire le mot &lt;em&gt;humanité&lt;/em&gt;. En étudiant les textes philosophiques et littéraires, j'apprenais à réfléchir. Comme je voulais connaître le pourquoi de la vie, je m'orientai vers la Faculté de philosophie, où j'allais apprendre à trouver le point d'Archimède sur lequel appuyer ma pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », disait le philosophe grec Héraclite, il y a de cela 2 500 ans. À l'aube du troisième millénaire, la seule permanence étant le changement, cela suppose que la loi de l'évolution est inéluctable et que tenter de prévoir l'avenir, c'est apprendre à apprendre. C'est pourquoi la formation continue est essentielle à tout individu, à toute organisation. Changer, c'est créer. La créativité favorise la floraison des compétences et des performances. Créer, c'est évoluer. Évoluer, c'est réaliser le meilleur de l'humanité en nous. Comme je suis un artiste multidisciplinaire, créer sans cesse donne un sens à ma vie et chez moi la dimension rationnelle, que nourrit la philosophie, ne se détache jamais de la dimension émotionnelle, que nourrit l'art. Il peut même m'arriver, au cours d'une conférence, de chanter une chanson dont le texte répond à la thématique abordée ou, en atelier, d'en créer une avec le groupe ou encore d'initier une oeuvre collective et d'y participer : peinture, sculpture, collage poétique, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le deuxième point d'appui de ma pensée fut l'homéostasie, concept biologique qui définit l'état de santé d'un organisme vivant et dont la fonction est de maintenir l'équilibre entre ce qui était et ce qui sera : demeurer le même tout en changeant ou conserver tout en transformant. En ce qui concerne les organisations, ce principe, qu'on pourrait appeler « la voie du milieu », devient le fondement logique de l'intergénérationnel et nous enseigne que les savoirs acquis par les aînés doivent être transmis aux jeunes, qui les peaufineront. L'application de ce principe permet également de transcender les polarités en percevant les contraires (notamment les différences culturelles) non plus comme des opposés mais comme des complémentaires : entre la raison et le coeur, entre l'utile et l'agréable, entre nos différences et nos ressemblances, entre l'expertise et l'humanisme, il faut choisir les deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oeuvrant dans le monde des grandes organisations depuis une quinzaine d'années, c'est à la demande du secteur des ressources humaines, des sciences sociales et de la culture que je suis devenu conférencier et formateur. En méditant sur la structure des systèmes dans la nature, où tous les niveaux sont en interaction dynamique, j'ai trouvé un troisième point d'appui, typiquement écologique, au contenu de mes conférences : l'interdépendance de l'être humain et de son environnement naturel et culturel. Comme l'unité dans la diversité des identités et des fonctions conditionne une productivité heureuse et une rentabilité croissante, je suis persuadé que le point d'Archimède de cette unité est le respect de la personne, moteur de sa motivation et de sa créativité. Toute organisation dont la philosophie est humaniste remportera rapidement le gros lot. L'humanisation des relations interpersonnelles à tous les échelons de toute hiérarchie est la première chose qui ne doit jamais changer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je sors d'une conférence avec le sentiment que j'ai pu créer un climat de réciprocité, de solidarité, de convivialité, je sens que l'humanité a un sens : la coévolution.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112872738262195876?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872738262195876'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872738262195876'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/humaniser-lhumanit.html' title='Humaniser l&apos;humanité'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112872908736868729</id><published>2005-10-05T16:23:00.000-07:00</published><updated>2006-02-13T04:42:18.926-08:00</updated><title type='text'>Langue française et langue universelle : entre la lettre et le chiffre</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/eau-secours-la-chanson.html"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/11/la-soif-des-lacs.html"&gt;La soif des lacs&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/pourquoi-lire.html"&gt;Pourquoi lire&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Langue française &lt;br /&gt;et langue universelle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-bnvolat.html"&gt;Le bénévolat&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul style="FONT-SIZE: 85%"&gt;Conférence prononcée par Raôul Duguay&lt;br /&gt;à la Maison du citoyen de Hull, le 19 mars 2000&lt;br /&gt;dans le cadre des déjeuners-causeries d'Impératif français.&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;Mesdames et messieurs, merci et bravo de tenir pour impératif le besoin de partager la francophonie et de faire fleurir la beauté de la langue française. Un merci et un bravo particuliers à M. Jean-Paul Perreault, président d'Impératif français, et à toute son équipe pour leur générosité, leur courage et leur persévérance à défendre la langue française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En guise de préambule à cette conférence, j'aimerais vous faire entendre mon tout dernier hymne au Kébèk. Pour moi, cette chanson signifie clairement mon engagement politique et ma foi inébranlable en la nécessité de rendre souveraine la langue française au Kébèk. (1)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;                                   Le Lys&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent se lève du plus profond de la terre&lt;br /&gt;Debout dans la lumière j'écoute l'écho de l'histoire&lt;br /&gt;Le souffle des ancêtres du plus profond de mon être&lt;br /&gt;J'inspire leur mémoire leur espoir dans les blés mûrs d'un clair futur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent soulève mon cerf-volant d'enfant&lt;br /&gt;Blanche fleur qui s'élève et s'envole au bout du vent&lt;br /&gt;Jusqu'au bout de mon rêve un pays dans une fleur&lt;br /&gt;Le lys de mon coeur libre comme le vent&lt;br /&gt;Libre comme le temps qu'il faut prendre pour apprendre&lt;br /&gt;À le faire voler aussi haut que la liberté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lys volant fais valser le ciel&lt;br /&gt;J'ai semé trois cents printemps&lt;br /&gt;La moisson sera grande et belle&lt;br /&gt;Le temps est venu de récolter le fruit de mon rêve&lt;br /&gt;Car de ce beau grand rêve d'amour&lt;br /&gt;Mon pays mes amours se lève&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon rêve se lève du plus profond de mon être&lt;br /&gt;Mes ancêtres se lèvent rentrent dans l'histoire libérés&lt;br /&gt;Essoufflée de se taire la voix de nos pères de nos mères&lt;br /&gt;Voix de tout un peuple fier dans le ciel bleu s'élève&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lys volants faites valser le ciel&lt;br /&gt;Avions semé trois cents printemps&lt;br /&gt;La moisson sera grande et belle&lt;br /&gt;Le temps est venu de récolter le fruit de notre rêve&lt;br /&gt;Voici enfin venu le jour&lt;br /&gt;Le pays de nos amours se lève&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paroles : Raôul Duguay. Musique : Pierre Nadeau - Claude Dubois - Raôul Duguay.&lt;br /&gt;Extrait de l'album &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;CASER Raôul Duguay&lt;/span&gt;, Les Disques Pingouin, PNC-126, 1999.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;En même temps que le vingt-cinquième anniversaire d'Impératif français, advient la fête de l'Internet. Impératif français fête la beauté de la langue française (dont les racines sont l'alphabet gréco-romain), et, s'interroge sur la destinée de la francophonie, le partage culturel entre les peuples francophones. La langue d'Internet (dont les racines sont les chiffres 0 et 1) fête le règne de la vitesse et de l'accélération dans la transmission instantanée de l'information en n'importe quel point sur la planète. Après une étude menée dans 34 pays, la firme Angus Reid place le Canada au deuxième rang, avec 56% d'utilisateurs d'Internet, derrière les États-Unis, devant l'Europe et le Japon. Mais au KébèK, seulement 18% des foyers sont actuellement branchés. Bien sûr, la mise en place par le gouvernement d'un programme de branchement sur Internet pour les familles va améliorer les choses et les affaires. Et le rapport entre la vie et les affaires étant évident, l'annonce des états généraux sur la langue française à l'automne, augure bien. Étant donné toutefois que le site de la capitale du Canada est unilingue anglais et que le Canada a mis en tutelle l'Assemblée nationale, le débat sur la langue française au KébèK ne manquera pas de remettre en question les fondements de la démocratie en repositionnant les concepts de majorité et de minorité linguistiques. Ici, maintenant, comme tout ce qui concerne la langue est politique, quelle importance aura le fait d'être branché en français ou en anglais sur Internet?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'histoire du monde, Internet est le premier moyen d'information et de communication qui soit à la fois oral et écrit, public et privé, individuel et collectif. Est-ce la nouvelle Pentecôte, le miracle d'une langue enfin universelle, l'ultime espérance d'une humanité fraternellement interactive? À l'heure où les deux tiers de l'humanité ne jouissent pas des profits de l'économie internationale, à l'heure où un canyon se creuse entre les inforiches et les infopauvres et où 50% des humains n'ont même pas le téléphone et ne sont pas alphabétisés, faut-il prendre l'urgence de se brancher sur Internet au pied de la lettre? Et quant à l'esprit qui gouverne la signification humanitaire de cette révolution électronique, saura-t-il éclairer les chemins de l'évolution vers un plus-être et un mieux-être pour tous? Internet est vite devenu la plus grande bibliothèque du monde. Toute bibliothèque est par définition constituée de documents écrits dans une langue d'où émane à la fois le reflet d'une culture et une réflexion sur cette culture. Comme la langue est le premier et plus précieux patrimoine d'un peuple, elle est à la fois racines, sève et fleurs de son histoire et de son génie ainsi que l'ultime promesse des fruits de son avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Vlle siècle av. J.-C., la bibliothèque d'Assurbanipal contenait 30000 documents, sous forme de tablettes d'argile gravées de caractères cunéiformes et placées sur des étagères dans des jarres numérotées. Aujourd'hui, grâce aux processus de miniaturisation, sept millions de transistors, serrés sur des puces de silicium plus petites qu'un timbre poste, contiennent et véhiculent plus d'informations que toutes les bibliothèques du monde. Aujourd'hui, la Bibliothèque nationale du KébèK compte 450000 documents dont 360000 peuvent être consultés sur Internet, mais cela n'est rien comparé à la bibliothèque mondiale d'Internet, qui compte bientôt 450 millions d'utilisateurs ayant accès à plus d'un milliard de pages Web.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordinateur serait-il notre cerveau planétaire, la projection de notre conscience comme de notre inconscient collectif? Toutes les informations concernant l'humanité peuvent-elles être rassemblées en un si petit espace? Selon Michio Kaku (&lt;em&gt;Visions&lt;/em&gt;, Albin Michel, 1999), de 1950 à 2000, le facteur d'accroissement de la puissance des ordinateurs aura été d'environ 10 milliards et, depuis 1920, le facteur de puissance informatique a augmenté de 1000 milliards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, selon Inktomi, 86,55 % des documents Web sont en anglais et seulement 2,36% des sites sont en français. Pour nous qui nous interrogeons sur le sort de la langue française dans le monde, il est important de savoir que, selon &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Internet News&lt;/span&gt;, (octobre 1999), 96% des sites Web commerciaux, représentant 27% de l'économie mondiale sont en anglais, 70% des sites sont aux États-Unis et il est prévu qu'en 2006, 70% des citoyens des États-Unis seront branchés sur Internet, soit 200 millions de personnes. Ce n'est donc pas qu'au Canada, que l'anglais est la langue dominante. Heureusement, dès 2002, la part de l'Amérique du Nord active sur Internet baissait à 34,8%. La part de l'Europe de l'Ouest était de près de 30% et celle de l'Asie, de 22%. Est-ce à dire que bientôt tous les peuples de la Terre pourront librement exprimer leurs différences culturelles dans Internet? Car il est dit que la cyberculture, produit de la multiplication de la masse par la vitesse, permet d'aller à la rencontre de toutes les autres cultures de l'humanité dans la transparence et l'instantanéité. Est-ce la glorification de la démocratie? Est-ce grâce à Internet que nous vivrons enfin la liberté, la fraternité et l'égalité sur toute la Terre? Internet correspond-il vraiment à l'humanisation des relations humaines? Ne constate-t-on pas que plus on informe, moins on communique? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Internet, il est vrai, répond bien aux questions:  Où? Quand? Comment? et Combien? mais qu'en est-il du « pourquoi » qui donne un sens à tous ces chiffres? La qualité de la lettre a-t-elle perdu son esprit, son contenu? Et pour dévoiler le véritable visage du monde, pourquoi faut-il prendre la surabondante quantité de chiffres au pied de la lettre? Si la richesse vraiment nouvelle est l'accessibilité à l'information par le biais d'Internet, la question fondamentale au sujet de la mondialisation n'est-elle pas une question de conscience individuelle et collective exigeant une redéfinition de notre système de valeurs, de notre code d'éthique planétaire? Comment le libéralisme économique et le darwinisme social peuvent-ils cohabiter avec  la diversité culturelle et  la biodiversité? Bien que le courriel soit une merveille technologique, le paradis terrestre tiendrait-il dans une puce de silicium grande comme un timbre poste?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;"Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : « Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons! Descendons! Et là, confrontons leur langage pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres."&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: normal"&gt;(&lt;em&gt;Genèse&lt;/em&gt; 11 : 5-7)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Cette citation de la Bible nous montre le pouvoir universel d'une langue unique et aussi, sa fragmentation, à la suite d'une orgueilleuse organisation de tendance totalitaire. Question : L'évolution de l'espèce humaine aurait-elle été possible sans la diversité culturelle des peuples? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;"&lt;em&gt;Pour Philippe Quéau, le problème du monde moderne relève directement de l'univers babélien; selon lui la question n'était pas que les architectes ne se comprenaient pas les uns les autres, mais qu'ils ne s'entendaient que trop bien. C'est le même universalisme dans les tendances actuelles à la comptabilité et à la standardisation dans les logiciels de traitement de l'information qui veut qu'on les compare avec les dangers d'une accumulation de pouvoir par une langue universelle&lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: normal"&gt;Derrick de Kerckhove, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Nerfs de la culture&lt;/span&gt;, Les Presses de l'Université Laval, 1998.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;L'extrait de la Genèse nous montre le pouvoir universel d'une langue unique et aussi, sa chute. En l'an 2000, il y a trois langues uniques qui n'en font qu'une : l'argent, l'anglais et le code binaire. Cette trinité n'est plus un mystère pour personne. L'argent mène le monde, les conquérants possèdent l'argent et la langue des conquis de même que la clé du code binaire, langue universelle numérisée, ouvrant la porte de la nouvelle Babel. Or, la culture du commerce est vraiment planétaire. Internet est le plus grand centre commercial électronique au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici comment je tranpose librement ce passage de la Bible dans un langage contemporain.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Or l'artisan monta en ville pour voir son fils, le cyberpunk devenu seigneur de la haute finance. Juché dans la plus haute tour de la plus grande banque, le fils dit à son père : « Ici, la langue unique et universelle, c'est l'argent. Avec l'argent tout est possible, voilà notre devise et nous la prenons au pied de la lettre. Ici, toute chose et tout humain ne sont que marchandises numérisées. Toute chose a un prix, tout humain a un prix. Tout s'achète et tout se vend : une auto, une maison, un homme, une femme, un pays. L'unique but de notre entreprise multinationale est le profit net, internet et extranet. Allons! Descendons dans la rue. Et là, mondialisons notre point de vue pour que tout le monde parle notre unique langue : celle des chiffres anglais. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, la culture des affaires est en train de devenir la culture universelle. Apatrides et apathiques, les multinationales ressemblent à l'idée qu'on se faisait de Dieu à la Renaissance : leur centre est partout et leur périphérie nulle part. Heureusement qu'il y a l'art pour donner de la profondeur, un sens à la culture. Pour la &lt;em&gt;world culture&lt;/em&gt; une image vaut mille mots. Pour un poète, un mot, un vers valent mille images.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est écrit dans &lt;em&gt;Le Prométhée enchaîné&lt;/em&gt; d'Eschyle : "&lt;em&gt;Pour eux, j'ai inventé les nombres, la première des sciences, mais j'ai aussi montré aux hommes comment combiner ensemble les lettres, cette mémoire de toutes choses, cette mère de tous les arts."&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;On dit que Prométhée a inventé l'alphabet grec. Pourtant, Eschyle prétend plutôt qu'il a inventé d'abord la comptabilité. Coincidence curieuse, l'invention de l'écriture a été directement reliée à celle de l'argent. C'est la chercheuse américaine Denise Schmandt-Besserat qui, en solutionnant le mystère des pièces de monnaie sumériennes, a retracé non seulement les origines de l'argent imprimé sur des billes ou des plaques d'argile, mais en même temps les origines de l'écriture elle-même. Dans son dernier livre, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Nerfs de la culture&lt;/span&gt;, Derrick de Kerckhove, digne disciple et continuateur de Marshall McLuhan, écrit :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;"&lt;em&gt;Le patrimoine culturel et technologique de l'Occident n'a qu'une seule source : l'alphabet... Repris et peaufiné pendant 5 000 ans, l'alphabet est devenu le plus important concept à avoir jamais occupé l'esprit, l'âme et le corps de toutes les cultures humaines jusqu'à la découverte de l'électricité... L'alphabet grec a été le premier transporteur public de l'information en Occident. Aujourd'hui, toute information passe par le traitement numérique... Aujourd'hui, la nature même de l'argent change. Elle devient de l'énergie pure quand elle atteint la vitesse de la lumière? La langue est le logiciel qui fait fonctionner la psychologie humaine. Toute technologie qui exerce une action de façon significative sur la langue doit aussi peser sur le comportement aux plans physique, émotionnel et mental&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;L'alphabet est comme un programme d'ordinateur, mais il est plus puissant, plus précis, plus universel que tous les logiciels existants."&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;En fait, la nouvelle langue universelle, celle du &lt;em&gt;techno sapiens&lt;/em&gt; et bientôt du &lt;em&gt;cyborg&lt;/em&gt;, c'est l'électricité. Sans électricité, pas d'ordinateur. Sans ordinateur, pas de numérisation des données. Aujourd'hui, toute langue est numérisée : texte, son et images s'expriment en bits  (sauf La Bittt à Tibi!) Toutes les informations sur le réel sont véhiculées par des zéros et des uns. Les cultures qui ne seront pas numérisées seront confinées dans la marge du monde. Comme, en 1440, Gutenberg nous a fait passer du manuscrit à l'imprimé, Gates et ses pareils nous obligent à passer, littéralement, de l'imprimé au numérique. C'est par la voie de la numérisation universelle et par l'intégration des technologies électroniques que l'intelligence artificielle, les systèmes experts et les réseaux neuromimétiques envahissent tous les médias afin de faire converger les technologies de l'audio, de la vidéo, des télécommunications et de l'ordinateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chiffre est omniprésent dans nos vies. Partout, on assiste à l'effacement des choses et des hommes derrière les chiffres qui les signifient. Le champ de cette dissolution des choses et des êtres à travers le code binaire ouvre la voie à l'économie de marché et à la croissance exponentielle du commerce électronique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le cyber-hyppie Douglas Rushkoff, « &lt;em&gt;le Net est devenu une bulle boursière et ne relève plus du monde de la communication, mais de l'investissement. Le marketing a fait main basse sur le cyberespace &lt;/em&gt;». À preuve, le mariage d'AOL et de Time Warner (valeur boursière : 350 milliards de dollars américains), le plus important fournisseur de services Internet au monde. Donc, la &lt;em&gt;world culture&lt;/em&gt; a absorbé le monde des communications, de l'information et de la culture ou plutôt du divertissement sensationnaliste. La culture est en danger de superficialité. Et nous avons besoin de profondeur. Le poids des mots ne vaut plus le choc des images. Les images sont plus importantes que les choses et les hommes qu'elles représentent. Dans &lt;em&gt;Après l'homme... le cyborg&lt;/em&gt;, le philosophe kébékois Jacques Dufresne résume bien la situation : &lt;em&gt;"Les images, les chiffres et autres produits des médias se sont substitués aux réalités alors que leur raison d'être est de rapprocher les hommes de ces réalités. Nous assistons au conditionnement subtil des mentalités à l'échelle de la planète."&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;L'un de ces conditionnements, c'est l'assujettissement de toutes les langues à la domination de la langue anglaise. Mais en quoi les nouvelles technologies ont-elles à voir avec la francophonie? Les nouvelles technologies du commerce portent la guerre à la culture qui leur a donné naissance. Les discussions sur le statut de la culture dans les traités de libre-échange provoquent la confrontation de deux types  de valeurs : les valeurs boursières et les valeurs humaines, autrement dit, c'est la bourse ou la vie. La culture doit-elle faire l'objet d'une exception dans l'Accord multilatéral sur les investissements ou être considérée de la même manière que n'importe quelle marchandise? À Seattle, « le profit ou la vie » était la véritable question lancée à la face des multinationales. Si le libéralisme économique triomphe, il nivellera toutes les cultures, uniformisera tous les patrimoines et confondra les oeuvres avec les produits, mettant en danger l'autonomie des nations et le principe même de la démocratie sur cette planète. Et la démocratie concerne directement l'humanisation de l'humanité.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;"S'affirmer francophone, c'est tout naturellement défendre la langue française que nous partageons et que nous aimons. À l'heure de la mondialisation des échanges, c'est d'abord vouloir rester soi-même. C'est refuser que s'impose une langue unique. C'est refuser l'appauvrissement de l'humanité."&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: normal"&gt;Jacques Chirac, président français (AIMF 1997)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Question : L'unification de l'humanité doit-elle forcément passer par l'uniformisation et la standardisation des langues et des cultures?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, nous assistons aujourd'hui à l'anglicisation systématique des pays européens non anglophones. La Banque Centrale Européenne dont le site Internet est unilingue anglais force l'Europe française à être de plus en plus étrangère à elle-même. Même la France se défrancise. Les colloques scientifiques et universitaires français s'autoanglicisent. Au Kébèk, selon l'Office québécois de la langue française, le secteur public qui s'éloigne le plus de l'usage de la langue française est celui de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique... Plus on est élevé dans l'ordre scolaire (collégial et universitaire) et plus on est dans des domaines techniques et plus on fait usage des technologies de pointe, moins on utilise le français. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;En France, «&lt;em&gt; les éditeurs de logiciels veulent se faire passer pour des sociétés américaines -- dernière approche que des élites mentalement infériorisées ont jugée opportune pour conquérir les marchés mondiaux -- et même si les plus brillants informaticiens français travaillent pour ILOG ou pour REALVIZ, sociétés françaises qui excluent totalement la langue française de leurs logiciels...&lt;/em&gt; », Charles Durand, professeur en génie informatique, doit souffrir en lisant cette réponse de REALVIZ : «&lt;em&gt; Nous sommes desoles de vous avoir froisse en commettant cette infidelite a notre belle langue, mais le marche francais etant trop petit pour notre modeste societe, nous sommes obliges d'adopter une langue d'expression commerciale comprise par le plus grand nombre sur la planete&lt;/em&gt;. » Cette réponse était rédigée sur un clavier anglais, donc sans aucun accent. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et ici au KébèK, il aura fallu un ultimatum de Louise Beaudoin, responsable de la &lt;em&gt;Charte de la&lt;/em&gt; &lt;em&gt;langue française&lt;/em&gt;, pour que les manuels d'utilisation des jeux Pokémon, Nintendo et Playstation soient traduits en français. Même la Chine tombe dans le piège. Monsieur Li, professeur d'anglais, considère que la Chine, avec ses 5 000 ans d'histoire est aujourd'hui une nation arriérée et que les Chinois doivent apprendre l'anglais pour être concurrentiels. On est loin de la révolution culturelle de Mao qui avait fermé la porte à toute culture autre que la culture chinoise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Maghreb, près de 13 millions de personnes parlent couramment le berbère. Cette langue n'étant pas reconnue officiellement, les parents envoient leurs enfants étudier dans des écoles de langue arabe, française ou anglaise. Résultat : Le berbère est en voie de disparition. On a évalué que dans 100 ans, il est écrit que la moitié des 6 000 langues et dialectes parlés sur cette Terre aura disparu. Une langue meurt tous les 15 jours. Et bien que 87% du KébèK soit francophone, dans 6 ou 7 ans, les francophones de Montréal seront minoritaires. Pour préserver, protéger et perpétuer la langue française, le Kébèk doit se franciser de plus en plus et, comme l'ont fait l'Inde, la Lituanie, la Lettonie, la Californie et 23 États américains concernant leur langue majoritaire, imposer le français comme langue de travail et comme langue d'usage public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'impérialisme économique s'est vite transformé en impérialisme culturel planétaire, c'est à cause de la domination de la langue anglaise. Je n'ai personnellement rien contre la langue anglaise mais malheureusement, en uniformisant les cultures, cette mondialisation de l'anglais rend l'humain unidimensionnel et met dans le formol cette richesse de l'évolution qu'est la diversité. La diversité au Canada, c'est la différence culturelle qu'est le KébèK.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens qu'en 1867 la Confédération a été votée à 13 voix contre 12. Je me souviendrai jusqu'à la fin de mes jours que Chrétien et Dion nous ont passé un très gros sapin en votant le &lt;em&gt;Bill C-20&lt;/em&gt; qui veut nous faire croire, contrairement à ce qu'en dit l'ONU, qu'on ne peut faire un pays avec 50% des votes plus 1.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;"Je compare cet acte très grave, cette attaque inacceptable et déshonorante contre la démocratie québécoise à ce qui s'est passé en 1982, lors du rapatriement de la constitution. "&lt;/em&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: normal"&gt;(Lucien Bouchard, premier ministre du Québec, à propos du projet de loi C-20. Cité dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Devoir&lt;/span&gt;, 17 mars 2000)&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;L'histoire nous le démontre. Le Canada est une mosaïque de communautés disparates qui n'ont jamais été attirées l'une vers l'autre par le coeur. Ne vaut-il vraiment pas la peine de se séparer quand le mariage n'a pas été consommé et que, comme de raison, ce mariage s'est fait de force? Car, en 1982, la reine Élisabeth proclamait la souveraineté du Canada et le traître Trudeau rapatriait la Constitution et ce, sans le consentement du KébèK. Et 10 ans plus tard, à Charlottetown, toute l'anglophonie canadienne disait non à la francophonie kébékoise. Comme le père anglo-saxon n'a jamais fait jouir la mère kébékoise, le divorce n'est-il pas ce qui est le plus « raisonnable »?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Question : L'unité d'un pays peut-elle s'accomplir sans respecter démocratiquement ses différences linguistiques et culturelles? Jean-Marc Léger a écrit:&lt;em&gt;"C'est dans sa langue et par elle que notre peuple renoue avec son histoire&lt;/em&gt;." Et Fernand Dumont de renchérir:"&lt;em&gt;Pour être citoyen, deux savoirs sont indispensables : la langue et l'histoire."&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La langue unique du conquérant a toujours été celle du pouvoir. Une langue unique peut unifier un peuple comme elle peut le diviser. La langue française unifie et identifie le KébèK à 87% mais en 2006, à Montréal, les francophones seront minoritaires. Dans la région de Québec, la proportion de francophones dans les écoles anglaises est passée de 28% en 1983-1984 à près de 60% en 1999 et « &lt;em&gt;à elle seule, nous dit Jean-Paul Perreault, président d'Impératif français, l'Outaouais serait responsable de 53,7% du solde net des transferts de l'ensemble du KébèK vers l'anglais.&lt;/em&gt; » (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'Action nationale&lt;/span&gt;, février 2000). La langue anglaise unifie et identifie le Canada, mais divise le KébèK. Or, un peuple qui n'est plus capable d'assumer et de défendre son identité, donc ses différences, sera assimilé. Selon Charles Castonguay, « &lt;em&gt;le taux d'anglicisation des francophones hors Québec âgés de 25 à 34 ans était de 40,3% en 1996&lt;/em&gt;». C'est ce que les démographes appellent un processus de disparition tendancielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le KébèK est un îlot francophone cerné par un océan anglophone, il me semble impérieux d'en protéger l'unicité et d'en défendre l'identité. Et comme l'écrit Pierre Vadeboncoeur dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'Action nationale&lt;/span&gt; (octobre 1997) : « &lt;em&gt;Toute cohésion politique d'une population ou d'un pays tient à un sens identitaire. La solidarité identitaire et dominante des anglophones dans ce pays est sans faille et extrêmement agissante... Notre souci identitaire à nous est si imparfait qu'il nous laisse gravement divisés contre nous-mêmes. Notre identité devient en quelque sorte la propriété d'autrui. &lt;/em&gt;» Pourquoi en est-il ainsi? Est-ce parce que notre être national est conditionné par nos avoirs personnels? Avons-nous peur qu'en gagnant notre être, en passant de province à pays, nous perdrons nos avoirs?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant la souveraineté de la langue anglaise en Amérique du Nord est-il encore possible que la langue française soit souveraine au KébèK? Est-il possible de respecter la lettre, c'est-à-dire la culture sans perdre les chiffres, c'est-à-dire le positionnement économique sur l'échiquier national et international? Oui, si nous devenons maîtres de notre économie. Comme nous représentons plus des quatre cinquièmes de la population kébékoise et que nous ne maîtrisons même pas le quart de nos activités financières; comme, en 1997, nous avons déporté 300 milliards de dollars de notre épargne, que plus de 100 milliards de dollars de nos régimes de retraite ont été placés dans d'autres provinces et pays, sinon détournés par le fédéral, etc, il est temps que nous jouissions nous-mêmes du fruit de notre labeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-il possible de parler souverainement notre belle langue française? Oui, si nous avons assez de respect pour nous-mêmes, en tant qu'individus, en tant que collectivité. Oui, si nous refusons que le fédéral finance le &lt;em&gt;Printemps du KébèK&lt;/em&gt; à Paris, invitation expresse de la France à lui faire découvrir notre culture essentiellement francophone. Oui, si nous refusons que Les Jeux de la Francophonie soient en anglais... Oui, si nous dénonçons le fait d'être représentés au Sommet de la Francophonie à Moncton par une députée et une sénatrice fédérales unilingues anglaises. Oui, s'il nous reste assez de fierté pour exiger le respect de notre langue partout au KébèK : au foyer, au travail, dans les lieux publics.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à moi, il y a longtemps que mon choix est fait car être libre, c'est justement choisir. Je suis un Kébékois universel. C'est une question de dignité, de respect de moi-même et des miens car je porte tout un peuple dans mon coeur et dans ma tête. Quand le coeur de chaque Kébékoise, de chaque Kébékois, battra d'un même rêve de liberté, alors, ensemble, nous porterons notre pays et notre pays nous portera jusqu'au concert des nations. Un seul point d'appui nous suffit pour soulever le KébèK au rang des pays libres et entrer chez nous par la grande porte. Ce point d'appui, c'est chacune et chacun de nous : c'est notre parole souverainement francophone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En guise de conclusion à cette conférence, permettez-moi de vous offrir cet hymne au Saint-Laurent, colonne vertébrale de notre histoire, de notre économie, de notre culture :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;strong&gt;Ô Saint-Laurent&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Soulève tes vagues d'espérance&lt;br /&gt;Et porte ton peuple qui se lève&lt;br /&gt;S'avance fier de sa liberté&lt;br /&gt;Unique en Amérique&lt;br /&gt;Uni sous le fleurdelisé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand fleuve notre sève&lt;br /&gt;Berceau de tous nos rêves&lt;br /&gt;Abreuve-nous de ton abondance&lt;br /&gt;De ta splendeur et de ta jouvence&lt;br /&gt;Et souverainement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fais monter dans nos coeurs ton chant&lt;br /&gt;Grand fleuve de passage&lt;br /&gt;Baigne encore les rivages&lt;br /&gt;De nos villes de nos cent un villages&lt;br /&gt;Voyage en mer jusqu'au bout de la Terre&lt;br /&gt;Ta beauté souveraine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reviens chanter : « Je me souviens »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paroles : Raôul Duguay&lt;br /&gt;Musique : Yvan Ouellet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________________&lt;br /&gt;Notes et références&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) La transformation de la graphie du mot &lt;em&gt;Québec&lt;/em&gt;  en &lt;em&gt;Kébèk&lt;/em&gt;, pourrait être vue comme une licence ou une fantaisie poétique. Il n'en est rien. Deux faits historiques peuvent justifier ce choix:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Sur une plaque de bronze, devant la porte du sanctuaire Notre-Dame-des-Victoires, Place Royale, dans la Vieille Capitale, il est écrit : « &lt;em&gt;Cette église érigée sous le vocable de l'Enfant-Jésus en 1688, sur l'emplacement du vieux magasin du Roy, prit le nom de Notre-DamedelaVictoire en 1690 et de Notre-Dame-des-Victoire en 1711.&lt;/em&gt; » En pénétrant dans l'église, on peut lire, au-dessus du maître-autel, une fresque portant l'inscription « &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Kebeka liberata&lt;/span&gt; » (traduction : &lt;em&gt;Kébèk libéré&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Kébèk libre&lt;/em&gt;!) représentant la délivrance de Québec, le 22 octobre 1690, jour où l'amiral Phipps leva le siège de la ville à la suite à la fameuse réponse de Frontenac : « &lt;em&gt;Je lui répondrai par la bouche de mes canons!&lt;/em&gt; ». L'autre inscription : « &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Deus providebat&lt;/span&gt; » (traduction : Dieu veillait sur le salut de Kébèk), montre le naufrage d'une bonne partie de la flotte anglaise de l'amiral Walker à l'île aux Oeufs, en 1711. Pour moi, la graphie du mot représentant le pays  &lt;em&gt;Kébèk&lt;/em&gt;  signifie victoire, avec ou sans Notre-Dame. Dès le début des années 70, le poète Paul Chamberland et moi avons adopté cette graphie qui rend le pays lisible à l'endroit comme à l'envers.&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;Bien qu'elle puisse paraître une entorse au code linguistique, la transformation de la graphie &lt;em&gt;Québec&lt;/em&gt; en Kébèk peut se justifier par le fait que la lettre &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt;  n'existe pas dans l'alphabet de nos ancêtres les Bretons, qui furent parmi les premiers Français à venir s'établir au Kébèk. C'est lorsque François 1er perdit son royaume aux mains des Anglais que la lettre &lt;em&gt;K &lt;/em&gt;fut remplacée par la lettre &lt;em&gt;Q.&lt;/em&gt; Le maître conquérant s'empare toujours de la langue de ceux qu'il conquiert.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112872908736868729?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872908736868729'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112872908736868729'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html' title='Langue française et langue universelle : entre la lettre et le chiffre'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112875892068439134</id><published>2005-10-04T01:07:00.000-07:00</published><updated>2006-03-20T09:02:33.916-08:00</updated><title type='text'>Le bénévolat</title><content type='html'>&lt;div style="BORDER-TOP: #666699 1px solid; FLOAT: right; PADDING-BOTTOM: 10px; MARGIN: 0px 0px 25px 15px; LINE-HEIGHT: 2em; BORDER-BOTTOM: #666699 1px solid"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold;color:#666699;" &gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/eau-secours-la-chanson.html"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/11/la-soif-des-lacs.html"&gt;La soif des lacs&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/pourquoi-lire.html"&gt;Pourquoi lire&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html"&gt;Langue française&lt;br /&gt;et langue universelle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bénévolat&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Conférence de Raôul Duguay&lt;br /&gt;au Colloque du CRSBP (Québec et Chaudière-Appalaches)&lt;br /&gt;à l'Hôtel Plaza-Québec, Sainte-Foy, le 3 novembre 2001&lt;/span&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;Bravo! Merci!&lt;br /&gt;Voilà les deux mots les plus motivants que je connaisse. Prononcés avec un sourire, voilà, avec la satisfaction du travail accompli, le véritable salaire de toute personne qui fait du bénévolat. Je suis donc venu ici pour vous donner des gros becs, pour vous applaudir et vous témoigner mon admiration. Comme vous êtes, pour la plupart, des bénévoles donnant généreusement temps et énergie à votre bibliothèque publique, laissez-moi vous féliciter et vous remercier car, en favorisant la quête de connaissance, de vérité et de beauté, en participant à la disparition de l'analphabétisme, à l'amélioration et à la sauvegarde de la langue française, vous êtes les piliers de la démocratie. Et bravo au Regroupement des bibliothèques publiques de Québec et Chaudière-Appalaches pour ce merveilleux et ingénieux programme d'éveil à la lecture nommé &lt;em&gt;Trousse Bébé-Lecteur&lt;/em&gt;. Qu'un enfant soit abonné à une bibliothèque dès l'âge d'un an, je trouve ça génial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfant, on me disait : « As-tu fait ta B.A. aujourd'hui? » B.A. pour « bonne action ». On me disait que faire une bonne action, c'était donner à quelqu'un la part de Dieu et cela me rendait responsable de mes paroles et de mes gestes dans mon entourage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu'il est accueil et partage, le bénévolat est le tremplin d'un humanisme fécond. Et comme vous oeuvrez dans une bibliothèque, vous permettez à quantité de citoyens d'avoir accès à la mémoire de l'humanité et ce faisant, vous participez à l'évolution de l'espèce humaine, vous garantissez la suite d'un monde que l'on espère toujours meilleur. Merci et bravo. Grâce à vous, les infrastructures culturelles des régions de Québec et Chaudière-Appalaches s'améliorent constamment. Merci et bravo! Grâce à vous, des centaines d'activités d'animation, des ateliers, des expositions, des spectacles, des rencontres d'écrivains et des conférences permettent à des milliers de gens de connaître leur patrimoine local, leurs artistes, leurs écrivaines et écrivains. Bravo et merci encore!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait combien les peuples analphabètes sont sacrifiés sur l'autel du libéralisme mercantile et de la globalisation du commerce. Si la connaissance est le moteur de la démocratie, son carburant est la liberté de pensée, la liberté de dire, la liberté d'écrire ce que l'on sent et ce que l'on sait. Car plus on sait, plus on connaît le monde, mieux on peut le sentir, le ressentir et le pressentir et mieux on peut changer le cours de l'histoire dans le sens d'une plus grande liberté et d'une plus belle fraternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde sait aujourd'hui que « liberté » et « sécurité » sont devenues des mots qui se confrontent et qui fragilisent la démocratie sur toute la planète. C'est pourquoi un humanisme nouveau doit renaître des cendres du terrorisme. Pour moi, l'une des plus pernicieuses formes de terrorisme, c'est l'ignorance. Le maintien de centaines de peuples dans l'ignorance (l'analphabétisme) est ce qui a creusé un canyon entre riches et pauvres, entre le nord et le sud, entre l'Occident et certains pays de l'Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'Organisation des Nations Unies a déclaré 2001, Année internationale des bénévoles, c'est pour rappeler au monde entier que sans le bénévolat, sans l'aide humanitaire sous toutes ses formes, ce monde s'effondrerait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot bénévole vient du latin &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;benevolus&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;bene&lt;/span&gt; veut dire bien et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;volo&lt;/span&gt;, je veux. Une personne bénévole est donc, par définition, une personne qui veut le bien, qui veut le bien des autres, et qui le fait bien. Ainsi, le bénévolat répond aux trois grandes vertus chrétiennes : la foi, l'espérance et la charité. Avoir la foi en l'humanité, c'est nourrir l'espérance d'une humanité meilleure. C'est à cause de cette foi et de cette espérance que le ou la bénévole pratique la charité. La charité n'est ni l'aumône ni la pitié mais un autre mot pour dire tout l'amour que l'on porte aux êtres humains, quels qu'ils soient. La charité, l'amour, c'est le don généreux de soi, de son intelligence, de son savoir-faire et de son temps. Le temps que l'on prend pour aider son semblable à devenir meilleur est celui qui nous rend nous-mêmes meilleurs. Le temps que l'on donne gratuitement aux autres solidifie notre estime de soi. Et l'estime de soi est le fondement d'une personnalité qui a trouvé un sens à sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Donner est plus doux que recevoir&lt;/em&gt; », disait l'illustre historien Ernest Renan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Le bénévolat est une nourriture pour l'âme, un baume pour le coeur&lt;/em&gt; », me disait une femme qui fait du bénévolat depuis 40 ans. Cela est certainement vrai autant pour les bénévoles que pour ceux qui bénéficient de leur générosité. C'est pourquoi le bénévolat n'a rien d'un sacrifice au service de la société car cette générosité que l'on manifeste dans l'action bénévole est diluée par le mérite qu'on en retire. Le bénévolat n'est pas un sacrifice, mais une offrande du meilleur de soi. C'est aussi un geste que l'on faitd'abord pour soi. Quand on s'engage à voler au secours d'une personne ou d'un organisme, il est certain que, même inconsciemment, on se valorise, non seulement aux yeux des autres, mais surtout à ses propres yeux. La plupart du temps, les bénévoles travaillent avec des gens qu'ils apprécient, dont ils estiment la valeur et qui leur témoignent leur appréciation et leur reconnaissance, ne serait-ce que par un sourire. Car, donner avec le sourire, c'est donner deux fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon une étude menée par Wheeler et associés, « &lt;em&gt;70 % des bénévoles croient avoir une meilleure qualité de vie que le reste de la population&lt;/em&gt; ». Pourquoi en est-il ainsi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que le bénévolat s'appuie sur un système de valeurs humanitaires, parce que faire le bien augmente nos chances d'être heureux et parce que notre bonheur personnel contribue à l'avènement de notre paix intérieure et de la paix dans le monde. Mais aussi parce que, lors d'une relation d'aide, le cerveau produit des endorphines, ces substances biochimiques analgésiques naturelles. Les endorphines ont pour effet d'accroître la sensation de bien-être et de calme, de stimuler le système immunitaire, d'atténuer le stress de la vie quotidienne et d'induire le sentiment de soutien social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon un sondage Gallup, «&lt;em&gt; plus de la moitié des bénévoles disent qu'ils continuent de faire du bénévolat parce que leur travail est utile (et la plupart du temps agréable) et qu'ils aiment aider les autres, tandis que le tiers d'entre eux disent aimer le travail qu'ils accomplissent et sentent qu'on a besoin d'eux&lt;/em&gt; ». Et selon Madame Ghyslaine Grauls, bénévole à temps complet depuis 40 ans et nommée bénévole de l'année de toute la Montérégie en 1994 : «&lt;em&gt; Pour être bénévole, il faut beaucoup de patience, s'oublier soi-même et être tout simplement à l'écoute. C'est une richesse que d'être bénévole.&lt;/em&gt; » D'autre part, on constate que les bénévoles acquièrent une connaissance de plus en plus profonde des organismes dans lesquels ils s'impliquent et qu'ils sont en mesure de les faire avancer à l'aide des valeurs qu'ils partagent dans leurs milieux respectifs. On doit reconnaître que les bénévoles sont des personnes importantes dans notre système social. Être bénévole, c'est s'impliquer socialement. C'est pourquoi le bénévolat est la pierre d'assise de la démocratie. Sans les bénévoles, qui sont c&lt;em&gt;omme le levain dans la pâte, tout notre tissu social s'émietterait,&lt;/em&gt; disait un bénévole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'heure de la mondialisation et de la chute des tours de la babel américaine du commerce international, au nom du capital, produits, services et individus sont de plus en plus échangés, numérisés, uniformisés et dépersonnalisés. Pour contrer cette déshumanisation qui infecte le tissu social de toutes les cultures du monde, ne doit-on pas passer d'une humanité prise en otage par la peur, où domine la stressante rentabilité de l'utile immédiat, à une humanité nouvelle où les relations humaines, agréables et respectueuses, redonnent un sens à l'utilité de l'être humain? Car ce n'est que lorsqu'on lui donne le sentiment qu'il est le capital le plus précieux qu'on peut vraiment mobiliser l'énergie positive de l'être humain. Si tout a un prix, produits et humains, existe-t-il des gestes non monnayables, des élans du coeur qui n'ont pas de prix, des gestes parfaitement gratuits?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, au CRSBP de Québec et de Chaudière-Appalaches, il existe 2 768 êtres humains, 2 768 personnes dont le travail, totalisant 110 000 heures, est donné gratuitement à la société, à l humanité. Quand on pense que près de 250 000 citoyennes et citoyens dans 128 et bientôt 130 bibliothèques municipales dont 101 sont branchées sur Internet, ont accès à la culture livresque, on peut être sûr que, avec pas loin d'un million de prêts, de plus en plus, le monde va penser, développer son intelligence pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui et d'hier et imaginer ce que sera l'avenir. Et, fait remarquable, 95 % des bénévoles sont des femmes. Est-ce à dire que seulement 5 % des hommes ont le sens du bénévolat? Mais peut-être sont-ils sur le « terrain zéro » en train d'aider à sortir des décombres de l'apocalypse les 5 451 victimes de l'effondrement du World Trade Center ou bien en train de fouiller les grottes dans les montagnes de l'Afghanistan pour en faire sortir les Ben Laden de leur terrier ou bien sont-ils en train de comptabiliser leurs pertes d'argent?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, dans ma petite municipalité de Saint-Armand de Philipsburg, aux confins de la Montérégie, près des frontières où on demande même aux poètes leurs papiers, c'est un homme qui a eu l'initiative d'offrir à la communauté les services d'une bibliothèque dont tous les livres ont été donnés par des citoyens. J'en ai donné quelques-uns, mes dernières parutions, car mes autres livres sont des antiquités que seules les grandes bibliothèques possèdent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici mon dernier livre. Mon dix-septième. Il s'intitule &lt;em&gt;entre la lettre et l'esprit&lt;/em&gt;. Si j'ai pu écrire ce livre, c'est parce que j'en ai lu des centaines d'autres. Dans ce livre, faisant partie de la collection &lt;em&gt;Écrire&lt;/em&gt; des Éditions Trois-Pistoles dirigées par un monument de notre littérature, Victor-Lévy Beaulieu, dans ce livre, je réponds aux questions : « &lt;em&gt;Comment et pourquoi écrire&lt;/em&gt;?" Je me suis retiré du monde pendant quatre mois pour écrire ce livre. Bien que tous mes livres soient des best-sellers (au Québec, quand on a vendu 500 recueils de poésie, on a écrit un best-seller), j'ai toujours considéré qu'écrire au Québec, pour 95 % des écrivaines et écrivains, c'est faire du bénévolat. Un écrivain touche 10 % du prix de vente de son livre. Deux ou trois dollars par livre, c'est à peine le salaire que j'ai aujourd'hui pour vous parler. Le CRSBP fait donc du bénévolat à mon endroit. Mais pour une conférence qui me paie assez pour que je puisse continuer d'écrire, j'en fais deux ou trois gratuitement. C'est par le bénévolat que je me suis fait connaître. En défendant toutes sortes de causes humanitaires. Et je continue de le faire parce que, quand je crois en quelque chose, je me fous de ne pas être payé pour l'appuyer. Mon salaire, c'est de faire ce que je dois faire. Écrire n'est pas seulement un plaisir mais un devoir, une responsabilité. Être bénévole, c'est être responsable de ses idées, de ses valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici quelques extraits de mon dernier livre. Ils concernent directement la lecture, l'écriture, la bibliothèque et la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Entre la lettre et l'esprit toujours choisir les deux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'écriture est la plus pauvre des économies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écrire est aussi le plus riche des bénévolats&lt;br /&gt;Toute écriture est le testament de l'humanité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout être humain devrait pouvoir lire et écrire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écrire son nom lire écrire celui des siens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord et surtout dans sa langue maternelle&lt;br /&gt;L'alphabétisation de la planète tout entière&lt;br /&gt;Est le premier combat de toute démocratie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai mal à l'humanité qui ne sait ni lire ni écrire&lt;br /&gt;Au KébèK une personne sur quatre ne lit pas&lt;br /&gt;Un être humain sur deux ne lit ni n'écrit&lt;br /&gt;La démocratie deviendra une réalité&lt;br /&gt;Quand tout le monde pourra lire et écrire&lt;br /&gt;Quand à la place de fusils et des canons&lt;br /&gt;On donnera à tous les humains des crayons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La langue étant l'écho des cultures vivantes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le socle de la démocratie c'est l'alphabet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre garde le passé présent dans l'avenir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le langage est un grand arbre généalogique&lt;br /&gt;La profondeur de ses racines est l'histoire&lt;br /&gt;La mémoire des temps monte dans son tronc&lt;br /&gt;Et du cri au chant sa sève coule vers le haut&lt;br /&gt;À la hauteur de sa cime pousse l'imaginaire&lt;br /&gt;Car les mots sans cesse s'inventent un avenir&lt;br /&gt;Et jusqu'à l'horizon s'étendent ses branches&lt;br /&gt;Embrassant la circonférence de l'inconnu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'écrivain est une bibliothèque ambulante&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute écriture est le testament de l'humanité&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Ce livre, c'est mon histoire personnelle, un grand morceau de ma vie, un miroir de mes émotions et de mes idées, mais une bibliothèque, c'est toute l'histoire, c'est l'histoire de toutes les histoires. En fait, mon écriture est le résultat et la synthèse de tout ce que j'ai vécu, senti et pensé, mais c'est aussi tout ce que j'ai senti et pensé en lisant quantité d'auteurs aux multiples horizons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je n'avais pu, dès mon jeune âge, avoir accès à une bibliothèque, peut-être ne serais-je pas écrivain aujourd'hui car, issu d'une famille dont la fortune était très modeste, je ne pouvais acheter tous les livres que je voulais lire. Grâce à la bibliothèque où j'empruntais toutes sortes de livres, j'ai appris à écrire de plus en plus et de mieux en mieux dans ma langue maternelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot &lt;em&gt;bibliothèque&lt;/em&gt; vient du grec, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;biblion&lt;/span&gt; qui veut dire « livre » et de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;thèkè&lt;/span&gt; qui veut dire « armoire ». La bibliothèque est l'armoire de l'histoire. Elle a pour mission de conserver la pensée humaine au moyen d'écritures diverses et fixées sur des supports variés. C'est en lisant que j'ai découvert qu'au Vlle siècle avant J.-C. la bibliothèque d'Assurbanipal contenait 30 000 livres ou documents, sous forme de tablettes d'argile gravées de caractères cunéiformes et placées sur des étagères dans des jarres numérotées. J'ai appris aussi que sous le règne de Ptolémée 1er, vers 297 av. J.-C., les savants du monde entier accouraient à la bibliothèque d'Alexandrie en Égypte, pour y consulter quelques-uns de ses 700 000 volumes. Aujourd'hui, la Bibliothèque nationale du Québec compte quelque 450 000 documents dont 360 000 peuevent être consultés sur Internet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en lisant qu'on devient écrivain. C'est en lisant de vieux écrivains qu'on comprend parfois la littérature et le monde contemporains. Le Prométhée enchaîné d'Eschyle est un bel exemple de la pérennité du questionnement humain sur la naissance des lettres et des chiffres : « Pour eux, j'ai inventé les nombres, la première des sciences, mais j'ai aussi montré aux hommes comment combiner ensemble les lettres, cette mémoire de toutes choses, cette mère de tous les arts. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prométhée a inventé l'alphabet grec. Pourtant, Eschyle prétend plutôt qu'il a inventé d'abord la comptabilité. La vérité est probablement ailleurs : L'invention de l'écriture, dans les plus anciennes civilisations, a été directement reliée à celle de l'argent. Dans son dernier livre, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Nerfs de la culture&lt;/span&gt;, Derrick de Kerckhove, digne disciple de Marshall McLuhan, écrit : « Le patrimoine culturel et technologique de l'Occident n'a qu'une seule source : l'alphabet... Repris et peaufiné durant 5 000 ans, l'alphabet est devenu le plus important concept à avoir jamais occupé l'esprit, l'âme et le corps de toutes les cultures humaines jusqu'à la découverte de l'électricité. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'électricité est la nouvelle langue universelle. Aujourd'hui, toute langue est numérisée, toute écriture, pixellée : Texte, son et image s'expriment en « bits ». Toutes les informations sur le réel sont véhiculées par des zéros et des uns. L'importance du chiffre, comme médiateur entre l'homme et le réel est l'un des signes de la pénétration du formalisme dans les mentalités. Le chiffre est omniprésent dans nos vies. Partout, on assiste à l'effacement des choses et des hommes derrière les chiffres qui les signifient. Le champ de cette dissolution des choses est un code quantitatif universel de la vie économique. Il est prévu que, en 2006, 70 % des foyers américains seront branchés sur Internet. Il est prévu aussi que le commerce électronique connaîtra une croissance exponentielle. La &lt;em&gt;World Culture&lt;/em&gt; a absorbé le monde des communications et de l'information et celui de la culture. Les médias sont dominés par le marché et le profit. Le monde est une immense coquille souvent très vide. Le flot surabondant d'informations auquel nous avons facilement accès nous inonde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poids des mots ne vaut pas le choc des images. Les images sont plus importantes que les choses et les hommes qu'elles représentent. « Les images, les chiffres et autres produits des médias se sont substitués aux réalités alors que leur raison d'être est de rapprocher les hommes de ces réalités. Nous assistons au conditionnement subtil des mentalités à l'échelle de la planète », écrit le philosophe Jacques Dufresne dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Après l'homme... le cyborg&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pourquoi il est urgent de placer la réflexion que nous donne l'univers du livre avant le reflet que nous livrent les médias, qui prennent souvent la partie pour le tout. La culture actuelle est en danger de superficialité. Une culture de la profondeur, voilà ce dont nous avons besoin. Et c'est le temps que l'on prend à fréquenter les grands esprits assoupis dans les livres des bibliothèques qui nous donne un réel accès en profondeur aux réalités de ce monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lise Bissonnette, la pdg de la Grande bibliothèque du Québec, qu'elle appelle « la nouvelle corne d'abondance » (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'Action nationale&lt;/span&gt;, septembre 1999) écrit : « L'un des secrets les plus gardés au Québec est la mutation des bibliothèques publiques en postes d'avant-garde de la société du savoir. La bibliothèque correspond à la démocratisation de la culture et du savoir. L'irruption, dans les bibliothèques publiques, de nouvelles clientèles réclamant de nouveaux services documentaires et scientifiques est irréversible. L'économie nouvelle, celle du savoir, a toujours besoin de documentation. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, la culture est devenue l'élément essentiel de l'économie du savoir. Nous assistons aujourd'hui au choc de la culture et de la finance. Culture du commerce et commerce de la culture sont devenus presque synonymes. Comme l'écrit le cyberhippie Douglas Rushkoff : « Le Net est devenu une bulle boursière et ne relève plus du monde de la communication, mais de l' investissement. Le marketing a fait main basse sur le cyberespace. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car les nouvelles technologies du commerce portent la guerre à la culture qui leur a donné naissance. Les discussions sur le statut de la culture dans les traités de libre-échange provoquent la confrontation de deux valeurs : le profit et la vie. Ce faisant, elles questionnent l'autonomie des nations, voire,la pérennité de la démocratie : La culture doit-elle faire l'objet d'une exception ou être considérée de la même manière que n'importe quelle marchandise? Si le libéralisme économique l'emporte, il nivellera toutes les cultures, uniformisera tous les patrimoines et confondra les oeuvres et produits. Or, pour une bonne part, ce sont les bibliothèques qui contiennent les informations. Que seraient les bourses et que feraient les spéculateurs, les commerçants du libre-échange, sans informations locales, régionales, nationales et internationales?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait que le mécénat n'a jamais été le fort de l'entreprise privée envers les bibliothèques publiques au Québec. Ici, la contribution des entreprises privées aux budgets de l'industrie culturelle correspond à peine à 10 %. On sait aussi que pour plusieurs élus municipaux en quête constante de positionnement politique, il est beaucoup plus rentable d'investir dans la patinoire ou le terrain de baseball que dans la bibliothèque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Investir dans la culture, c'est investir dans l'éducation, la démocratisation du savoir et l'humanisation des rapports sociaux. Quand on sait qu'au Canada une personne sur 4 est analphabète, quand on sait, selon les statistiques de 1998, que 43 % des Québécoises et Québécois ne lisent jamais un livre, on constate combien la situation de la lecture est pitoyable. Quand on sait que l'analphabétisme coûte des milliards de dollars par année aux entreprises privées et que les bibliothèques publiques constituent des intervenants privilégiés dans la prévention de l'analphabétisme, il est temps qu'on sollicite le milieu des affaires en vue du financement de nos bibliothèques publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1992, les effets économiques des entreprises et organismes de la culture et des communications contribuaient au produit intérieur brut (PIB) pour 13,6 milliards de dollars, créant 217 500 emplois. Et pourtant, le sous-financement chronique des arts et des lettres met en péril la vitalité et le rayonnement d'une culture qui fait la fierté des citoyens du Québec et qui est au coeur de notre identité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'est-il pas nécessaire de rappeler aux financiers et à l'industrie privée que « la création artistique est à la culture ce que la recherche et le développement sont au secteur industriel et qu'au Québec la contribution économique des activités culturelles est équivalente à celles de l'agriculture, des forêts, des mines et des pêches réunies ». Mouvement pour les arts et les lettres (M.A.L.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le mécénat à l'endroit des bibliothèques publiques se développera lorsqu'on percevra clairement les liens existants entre bibliothèque publique, alphabétisme et performances économiques; la prospérité économique sous-tendant le financement adéquat des bibliothèques », écrit Lise Bissonnette. Mais comme le dit Louise St-Pierre, dans un article paru dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L'Action nationale&lt;/span&gt;, les trois mots clés de la mission de la Grande bibliothèque du Québec sont : ACCÈS, DIFFUSION ET PROMOTION. La Grande bibliothèque du Québec a mission de stimuler la lecture publique et elle devra, pour remplir cette mission, innerver le monde des bibliothèques publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Force nous est de constater que, actuellement, outre les instances gouvernementales, les véritables mécènes sont les bénévoles et les écrivains. Voilà pourquoi les bénévoles que vous êtes sont si précieux à l'avènement d'une conscience collective capable de nous faire entrer dans le troisième millénaire d'une humanité plus humaine, plus juste, plus pacifique et plus libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une fois : Bravo et merci.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112875892068439134?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112875892068439134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112875892068439134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/le-bnvolat.html' title='Le bénévolat'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-112875910600287452</id><published>2005-10-03T01:09:00.000-07:00</published><updated>2006-02-13T04:40:42.293-08:00</updated><title type='text'>Pourquoi lire</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/eau-secours-la-chanson.html"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/09/lessence-de-la-vie.html"&gt;L'essence de la vie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/11/la-soif-des-lacs.html"&gt;La soif des lacs&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi lire&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html"&gt;Langue française &lt;br /&gt;et langue universelle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-bnvolat.html"&gt;Le bénévolat&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;À l'occasion du Salon du livre de l'Estrie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;em&gt;Pour eux, j'ai inventé les nombres, la première des sciences, mais j'ai aussi montré aux hommes comment combiner les lettres, cette mémoire de toutes choses, cette mère de tous les arts&lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: right"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: normal"&gt;Eschyle, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Prométhée enchaîné&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, les cultures qui ne sont pas numérisées sont dans la marge du monde, à côté de la mappemonde car nous vivons dans un monde de chiffres, un monde où le pouvoir se chiffre souvent selon son avoir. Tout le monde le sait, la langue universelle, c'est l'argent et cette langue s'exprime par le code binaire, qui, en général, se lit en anglais. Partout, on assiste à l'effacement des choses et des humains derrière les chiffres qui les signifient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chiffres sont le reflet de ce monde. Les lettres en sont la réflexion. Les gens de lettres ont un autre pouvoir : celui de nous apprendre à lire les réalités et les rêves de ce monde en nous faisant réfléchir au sens de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contre l'ignorance, la lecture est l'arme la plus puissante. Plus une personne sait et mieux elle sent ce qui se passe dans le monde et mieux elle peut cerner son propre monde. Si la connaissance est le moteur de la démocratie, son carburant est la liberté de pensée, la liberté de dire, la liberté d'écrire. On sait combien les peuples analphabètes sont sacrifiés sur l'autel du libéralisme mercantile et de la globalisation du commerce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le disait Fernand Dumont, l'un de nos plus illustres penseurs : « &lt;em&gt;Pour être un citoyen, deux savoirs sont indispensables : la langue et l'histoire&lt;/em&gt; ». J'ajouterais : Depuis la Conquête, la lutte pour la langue française au Kébèk se confond avec l'histoire. On ne connaît bien son histoire que parce qu'on la lit. On ne se sent vraiment lié au sort d'un peuple qu'en fréquentant ses auteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien d'heures, combien de jours, de semaines et de mois et parfois combien d'années avant que mûrissent les émotions, les pensées et les visions contenues dans les milliers de mots que contiennent les livres? Combien de temps faut-il pour créer dans l'esprit de celles et ceux qui nous lisent cet espace mental émergeant du choc ou de la fusion des idées, des images, des rythmes? Combien de temps faut-il pour mettre au monde d'autres mondes sortis de l'imaginaire? Combien de temps faut-il attendre avant de cueillir la première pomme de l'automne?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pourquoi, quand vient la récolte des fruits de l'esprit, je me réjouis, car je vais partager de nouvelles richesses, impérissables et sans prix : les livres. Dans un monde où dominent les chiffres, la culture est en danger de superficialité. Ce dont nous avons besoin, c'est de profondeur; c'est d'élargir les horizons de notre pensée et de notre imaginaire. Le véritable pouvoir de la lecture, c'est de nous apprendre à apprendre de plus en plus et de mieux en mieux. Apprendre à nous connaître pour mieux comprendre la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de livres ai-je dû lire avant de savoir écrire? C'est en lisant qu'on apprend à écrire. C'est en écrivant qu'on prend le temps de lire pour s'approcher de plus en plus et de mieux en mieux de l'essence de son être. Plus l'on sait, mieux l'on peut sentir vibrer la vie. C'est pourquoi je me réjouis d'avoir été choisi comme parrain du Salon du livre de l'Estrie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, le monde du livre est un éden, un paradis, une nourriture essentielle à l'esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant j'ai pris beaucoup de temps à écrire mon dernier livre, autant je me réjouirai de prendre le temps d'en découvrir un grand nombre d'autres, en votre compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bienvenue à la 22e édition du Salon du livre de l'Estrie.&lt;br /&gt;Au plaisir de découvrir avec vous les fruits de la nouvelle récolte.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-112875910600287452?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112875910600287452'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/112875910600287452'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/10/pourquoi-lire.html' title='Pourquoi lire'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-17598024.post-113216591623357981</id><published>2005-09-30T10:31:00.000-07:00</published><updated>2006-02-13T04:38:40.780-08:00</updated><title type='text'>L'essence de la vie</title><content type='html'>&lt;div style="float:right;background-color:#;border-top:1px solid #666699;border-bottom:1px solid #666699;font-size:85%;text-align:right;line-height:2em;margin:0 0 25px 15px;padding-bottom:10px;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;font-size:100%;color:#666699;line-height:3em;"&gt;Sur l'engagement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/eau-secours-la-chanson.html"&gt;Eau Secours!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L'essence de la vie&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/11/la-soif-des-lacs.html"&gt;La soif des lacs&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/pourquoi-lire.html"&gt;Pourquoi lire&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/langue-franaise-et-langue-universelle.html"&gt;Langue française &lt;br /&gt;et langue universelle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://raoulduguay12.blogspot.com/2005/10/le-bnvolat.html"&gt;Le bénévolat&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Inestimable don du ciel, l'eau est l'essence de la vie, le principe vital qui rend possible la vie sur Terre. Et ce, à un point tel, que si l'homme veut conquérir l'univers, émigrer en d'autres lieux habitables dans la Voie lactée, il devra y trouver de l'eau. Car aucun organisme vivant ne peut se passer d'eau sous l'une ou l'autre de ses formes. Les organismes vivants sont composés d'eau puisqu'il y a de l'eau à l'intérieur et à l'extérieur des cellules. Privé d'eau pendant 10 jours, l'être humain meurt.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;C'est en cherchant les causes premières ou les essences de tout ce qui est que Thalès de Milet qu'on dit le père de la philosophie, trouva que l'essence du monde matériel, c'est l'eau. C'est donc en 624 av. J. C. qu'un être humain déclara que l'eau est essentielle à la vie. Bien sûr, tout le monde le savait déjà. Mais ce que l'histoire a retenu c'est que c'était la première fois que quelqu'un philosophait sur l'eau. Chose curieuse, Thalès de Milet découvrit que si l'eau est l'essence de la vie matérielle, la pensée est l'essence de la vie spirituelle. La pensée définit l'être humain et rend possible la culture et l'histoire. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Malraux disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le XXIième siècle sera spirituel ou bien il ne sera pas.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les premières années du troisième millénaire sont visiblement matérialistes. &lt;br /&gt;Les transnationales de l'eau carburent au profit au détriment des plus petits. Cette course effrénée vers l'uniformisation, la conquête et l'avoir au détriment de l'être, de la liberté et de la différence est ce qu'on a appelé le «&amp;nbsp;choc des civilisations&amp;nbsp;». Ce choc se répercute jusque dans les conceptions fondamentales de la nature et de la culture.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Devenue la plus inestimable de nos richesses naturelles, l'eau douce est aussi un bien culturel dont la gestion responsable concerne la co-évolution des formes vivantes et des habitats, voire la survie de l'humanité. Comme les rapports de l'homme avec la nature ont des implications sociopolitiques et économiques, la durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit. Et comme les scientifiques nous prédisent que le premier siècle du troisième millénaire devra être définitivement écologique, sans quoi, il n'y aura plus d'humanité, il nous faut, en tant que citoyen, repenser notre rapport à l'eau, repenser les rapports que notre culture et notre économie entretiennent avec la nature. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;À travers l'histoire des cultures, trois conceptions majeures de la nature s'affrontent. D'une part, le tenant d'un libéralisme économique à outrance considère la nature comme une ressource, et la ressource comme une marchandise. C'est pourquoi  ils veulent à tout prix la dominer, l'exploiter, la transformer en autant de produits possibles. L'exploiteur industriel qui regarde une splendide chute d'eau, un banc de poissons ou une forêt, pense combien il faudra dépenser pour en faire un produit de consommation rentable. Il ne regardera pas à la dépense s'il peut s'enrichir à partir de ces ressources naturelles, de ces richesses naturelles. Donc le conquérant se sent séparé de la nature. C'est ce qui explique son comportement avide.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Mais, ne faut-il pas faire émerger de l'économie un nouvel humanisme qui donnera un sens à la vie. Car c'est à cause d'eux, les conquistadors de l'or bleu et de l'or vert, que l'espèce la plus menacée sur Terre, c'est l'espèce humaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;D'autre part, le citoyen sensible a le net sentiment qu'il fait partie de la nature, que la Terre ne lui appartient pas, mais qu'il appartient à la Terre. C'est pourquoi il respecte la nature et s'efforce d'être en harmonie avec tout ce qui vit sur Terre. C'est le coeur palpitant qu'il s'approche d'une fleur, d'un arbre, d'un oiseau. Lorsqu'il arrive près de la chute, il se tait pour écouter la plénitude de sa voix. Il se tait pour boire en son âme la force vitale de sa beauté ineffable. Le simple fait d'être en présence de cette force de la nature le remplit de joie et de paix. Jouir de la beauté de la nature contribue à la santé physique, mentale et culturelle d'un peuple. La dimension symbolique et esthétique de l'eau devrait être considérée comme un palliatif majeur au stress qui dévore les sociétés.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Qu'est-ce qui est le plus logique&amp;nbsp;: un citoyen qui ingère des tranquillisants pour gérer son stress bien assis devant le petit écran et regardant un film sur la nature sauvage, ou bien un citoyen qui respire l'air pur en marchant quelques kilomètres pour aller la contempler. Faut-il attendre qu'il ne reste plus une seule chute vierge, une seule forêt vierge au Québec, pour comprendre enfin qu'elles n'ont pas de prix? La sauvegarde d'une chute, d'une forêt, ne vaut-elle pas le sacrifice de quelques emplois? Ne faut-il pas économiser le futur de la nature? Il n'est pas nécessaire d'être un artiste pour jouir des beautés de la nature, en reconnaître et en défendre la valeur. Il suffit d'être un citoyen sensible à son environnement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit. N'oublions pas que les termes écologie et économie ont la même étymologie&amp;nbsp;: le terme &lt;span style="font-style:italic;"&gt;eikos&lt;/span&gt; qui signifie habitat, maison. L'écologie, c'est le discours et la science qui président à la gouvernance de son habitat. Comme l'écologie consiste dans l'intégration de plusieurs sciences qui étudient les interactions des êtres vivants et de leur environnement, protéger une rivière, une forêt, un oiseau, un poisson, une berge, c'est protéger un écosystème, c'est protéger la vie. Et comme le disait le philosophe Jacques Dufresne, porteur d'eau à EAU SECOURS! et qui parle beaucoup d'écologie sur son site l'Agora&amp;nbsp;: &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'éthique est l'esthétique de l'âme, tandis que l'esthétique est l'éthique de l'environnement&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il existe encore un troisième type de rencontre avec la nature. C'est celle du parfait romantique qui la considère comme une force extérieure, une force sacrée qu'il faut vénérer, voire adorer. Ce troisième type, prétextant que seul est naturel ce qui n'est pas encore dénaturé par l'homme, peut facilement tomber dans l'écoterrorisme et vouloir faire sauter tous les méchants profiteurs qui profanent la nature nourricière. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ces trois différentes perceptions des rapports entre la nature et la culture concernent directement l'éthique sociale, la dignité humaine et la démocratie. L'eau transcende les affaires et la politique. L'enjeu du Sommet de Johannesburg était de taille :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;«&amp;nbsp;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Mettre le secteur privé au service de la protection de l'environnement.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;(Louis-Gilles Francoeur, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'actualité&lt;/span&gt;, sept. 2002). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce ne sont pas les gouvernements qui auront le dernier mot, c'est la nature. Il appartient aux citoyens de dire à leurs élus ce qu'ils pensent de cet enjeu vital. Selon l'éminent écologiste Pierre Dansereau, l'un des porteurs d'eau à EAU SECOURS, la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau qui rejoint déjà plus de 1,2 million de personnes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La privatisation va à l'encontre de la pensée écologique laquelle exige connaissance, planification et partage, les trois défis qu'il assigne aux sociétés et gouvernements du troisième millénaire.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;» &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les grands dossiers de l'eau concernent directement chaque citoyenne et chaque citoyen et leurs enjeux mettent en péril la démocratie. Voici quelques thèmes majeurs qui doivent activer notre vigilance&amp;nbsp;: l'embouteillage, l'exploitation commerciale et l'exportation en vrac de l'eau; la privatisation du service de l'eau; la tarification des infrastructures de l'eau; l'installation de compteurs d'eau dans les résidences privées, les institutions, les commerces et les industries; la contamination des eaux souterraines; la pollution agroalimentaire, la pollution industrielle, la pollution des herbiers marins, des lacs, des rivières, du fleuve et des côtes; les programmes d'économie d'eau; la qualité des eaux potables; la propriété de l'eau et la marchandisation de l'eau; les traités commerciaux internationaux traitant de l'eau; l'eau et santé publique; le gaspillage de l'eau.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Parlant de démocratie, n'est-il pas outrageant de constater que sur cette planète, ce sont les pays analphabètes, les pays les plus pauvres, qui sont le plus souvent en manque d'eau potable? Comme l'or bleu est appelé à devenir la source de l'économie mondiale, les tenants de la privatisation, dont l'alphabet n'est fait que de chiffres, veulent en profiter en faisant fi de la démocratie. Si l'eau est l'alphabet de la vie matérielle, l'alphabétisation est la source vive de la vie intellectuelle et spirituelle. &lt;br /&gt;               &lt;br /&gt;Et comme on peut déjà le constater dans les rapports internationaux entre plusieurs pays, l'eau est un enjeu d'une telle importance qu'elle peut être la source de guerres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;«&amp;nbsp;L'eau ne devrait pas couler trop longtemps sous les ponts avant de se retrouver au coeur de conflits armés un peu partout sur la planète, estime aujourd'hui l'ONU. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'appropriation de l'eau par des intérêts privés menace la paix dans le monde et fragilise le développement des pays économiquement faibles. L'organisation mondiale de la santé estime que «&amp;nbsp;toutes les 8 secondes, un enfant meurt d'une maladie liée à la pénurie d'eau potable et de services sanitaires&amp;nbsp;». &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Mais à qui appartient l'eau?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sur le plan philosophique, l'eau est un bien collectif. Sur le plan politique, l'eau appartient à la Couronne (aux terres gérées par les gouvernements national, provincial et municipal). Sur le plan pratique, c'est-à-dire économique, l'eau appartient à ceux qui ont les moyens de la produire et la considèrent comme une marchandise&amp;nbsp;: les grandes compagnies privées, les transnationales qui veulent la privatiser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C?est pourquoi la Coalition Eau Secours demande aux gouvernements du Canada et du Québec, qu'ils se retirent des traités commerciaux (Article 11 de l'ALENA-ZLEA)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Car, demander à qui appartient l'eau, c'est demander aussi à qui appartiennent les étoiles, le ciel,  la lumière, l'air et la terre. L'eau, l'air, la terre ne nous appartiennent pas. Nous appartenons à l'eau, à l'air, à la terre, au Soleil, car sans ces éléments, aucune vie ne peut exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'eau appartient à l'eau, à la source, au ruisseau, à la rivière, au lac, au fleuve, à la mer à l'océan et finalement, au ciel. Si l'eau appartient à quelqu'un, c'est à l'humanité toute entière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle n'appartient pas seulement au règne humain. Les règnes minéral, végétal et animal en sont aussi d'essentiels héritiers sans qui le règne humain ne pourrait subsister. La conquête de l'eau est devenue l'enjeu le plus important de la planète Terre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En conclusion, si nous voulons la paix sur Terre, il faut donner à tous ses habitants sans exception, de qualité potable en quantité suffisante. Sinon, c'est toute une civilisation qui finira par devenir un désert.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les conquistadors&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'esprit yankee plane sur Mars et ses eaux&lt;br /&gt;Son Spirit rouge est un savant robot&lt;br /&gt;Et la NASA gaspille des milliards&lt;br /&gt;Pour qu'il y trouve le trésor de l'or bleu&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pendant que sur Terre c'est la ruée vers l'or noir&lt;br /&gt;Qui donne aux Bush leur sale soif du pouvoir (oui mais)&lt;br /&gt;Pour des milliards d'humains l'eau douce est rare&lt;br /&gt;La guerre de l'eau c'est la faute aux conquistadors&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;C'est par la soif que les conquistadors&lt;br /&gt;Donneront la mort aux petits aux moins forts&lt;br /&gt;Qui possède l'eau possède toute la Terre&lt;br /&gt;Qui possède l'eau possédera l'Univers&lt;br /&gt;Et la vie&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'esprit de l'homme est encore dans la Lune&lt;br /&gt;Il rêve en rose de conquérir les cieux&lt;br /&gt;Pour le même prix et il ferait la une&lt;br /&gt;Pourquoi ne pas donner à tous l'or bleu&lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;Le plus grand rêve pour toute l'humanité&lt;br /&gt;C'est d'en finir avec la pauvreté (oui car)&lt;br /&gt;Quand tous les pauvres pourront boire de l'eau pure&lt;br /&gt;L'humanité aura la paix et un futur&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'esprit de l'eau pure plane au-dessus de nos consciences. &lt;br /&gt;L'esprit de l'eau pure crie EAU SECOURS!&lt;br /&gt; &lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Raôul Duguay&lt;br /&gt;Poète et philosophe, Représentant des Porteuses et Porteurs d'eau à EAU SECOURS!&lt;/span&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/17598024-113216591623357981?l=philosophe.raoulduguay.net' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/113216591623357981'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/17598024/posts/default/113216591623357981'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philosophe.raoulduguay.net/2005/09/lessence-de-la-vie.html' title='L&apos;essence de la vie'/><author><name>JT</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='17277631405566373116'/></author></entry></feed>